Mise à jour le 13 avr. 2021

La Chaire partenariale TrALIM : Transitions Alimentaires est portée par l’Université Lumière Lyon 2 et le Centre de Recherche de l’Institut Paul Bocuse.

 
Nos sociétés voient se multiplier les aspirations et les recommandations à faire évoluer notre alimentation, en lien avec des dimensions sanitaires, environnementales, sociales, culturelles, éthiques et de bien-être.
Cette chaire est dédiée à la compréhension des dynamiques à l’œuvre dans l’alimentation et leur traduction en termes de pratiques de production, de transformation, de consommation et de gouvernance alimentaires. Elle a pour vocation de définir et d’accompagner des projets visant à étudier et promouvoir une transition vers une alimentation saine, de qualité, responsable et équitable, intégrée aux territoires et cela à différentes échelles.
Convoquer les sciences sociales pour explorer les différentes facettes de ce que peut être le « bien manger » dans nos sociétés, aujourd’hui et demain, suppose de mobiliser des disciplines diverses telles que l’économie, la gestion, la psychologie, la géographie, les sciences politiques, le droit, la sociologie, l’histoire, etc. À travers la diversité de leurs méthodes, ces disciplines analysent les transitions alimentaires sous des angles complémentaires et ouvrent au dialogue avec différents publics et acteurs.
Si la chaire s’adresse prioritairement aux acteurs locaux et régionaux autour de problématiques se nouant dans les territoires proches, les réseaux internationaux des chercheur.es de l’Université Lumière Lyon 2 et de l’Institut Paul Bocuse permettent d’envisager les transitions alimentaires au-delà des frontières nationales, dans les pays développés, émergents ou en voie de développement, ainsi que sur le temps long, de la Préhistoire au monde contemporain.
 
Actualités

Axes de
recherche

Le programme de la Chaire repose sur quatre axes :

Pratiques alimentaires et représentations associées à l’alimentation

Les pratiques alimentaires doivent être considérées dans la sphère privée comme dans le cadre d’une consommation collective. Elles peuvent différer notablement selon le cadre considéré (consommation au domicile versus en restauration, consommation seul ou repas partagé, etc.). Des représentations mentales (individuelles) et sociales (collectives), dans un environnement social et culturel donné, conditionnent ces pratiques. Ainsi les choix alimentaires dépendent à la fois de critères rationnels (prix, faim, goût) et d’un système complexe de représentations (conditionnant par exemple l’évaluation de la qualité d’un aliment et du risque associé, ou impactant le rapport au corps et au groupe, etc.). Ces représentations peuvent apparaître comme subjectives au consommateur (idée d’un choix alimentaire individuel) tout en étant largement partagées (tendances sociétales et culturelles).
Compte tenu des évolutions perceptibles ces dernières années, l’enjeu est de :

  • saisir la place que prend (ou conserve) l’alimentation dans les pratiques de consommation et dans le quotidien des individus
  • comprendre comment les individus réalisent les arbitrages alimentation / reste de la consommation et les arbitrages au sein des consommations alimentaires en termes de qualité, de variété, d’impact écologique, de gestion des déchets, etc. mais aussi de rapport au territoire - modes d’approvisionnement, saisonnalité des produits, impact social, etc.
  • mettre en évidence la façon dont les représentations sociales évoluent et impactent les pratiques alimentaires
  • analyser les variations de comportement entre alimentation à domicile, hors domicile et intermédiaires (vente à emporter, livraisons)
  • étudier les interactions entre logiques sociétales et individuelles
Dynamiques alimentaires et diversité des territoires

Les incitations à relocaliser l’alimentation conduisent à penser les différentes échelles dans lesquelles s’inscrivent les acteurs impliqués. Historiquement, les produits alimentaires ont été parmi les plus échangés à l’échelle internationale. Les territoires sont en outre très inégaux en matière de potentiel alimentaire et de densité de population. Ainsi, penser le caractère local de l’alimentation implique de penser en même temps les influences et les échanges régionaux, nationaux et internationaux. Définir le local revient à penser les territoires que dessine l’alimentation, leurs interconnexions, leurs complémentarités et leurs évolutions possibles et souhaitables. Pour répondre à ces problématiques, il faut :

  • penser l’articulation entre territoires, de la production à la consommation, notamment entre les différentes échelles du local au global. Etudier notamment les relations d’interdépendances entre pays du Sud et pays du Nord
  • questionner l’importance du territoire dans la qualité et la valorisation des produits alimentaires dans un contexte mondialisé, notamment à travers les notions de terroir et de patrimoine
  • étudier les liens entre territoires ruraux et urbains, les différences de rapport à la production et des logiques de consommation
  • s’interroger sur l’approvisionnement alimentaire des grandes villes et métropoles, qui constitue un enjeu majeur du fait de la concentration sur des territoires restreints de demandes alimentaires importantes.
  • mettre en évidence les acteurs qui favorisent le développement d’une alimentation de proximité de qualité sur les territoires ruraux et urbains
  • analyser dans quelle mesure les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) peuvent favoriser de meilleures synergies territoriales
  • comprendre le rôle que peut jouer la restauration dans les dynamiques alimentaires territoriales
Ethique et égalité d’accès à une alimentation de qualité

La croissance démographique et l’urbanisation accélérée imposent une réflexion sur la soutenabilité de notre alimentation. Le défi est de réussir à réorganiser un système alimentaire fortement industrialisé et concentré afin de le rendre plus soutenable, du point de vue de la sécurité alimentaire et de la santé mais aussi d’un point de vue social et écologique. Aujourd’hui, cette prise de conscience fait émerger des projets de mise en place de systèmes alimentaires alternatifs qui renvoient aux notions de transition alimentaire et d’alimentation durable. L’alimentation durable repose sur une production, un approvisionnement et une consommation responsables qui a pour objectif de :

  • répondre de façon satisfaisante (sur les plans qualitatif et quantitatif) aux besoins de chacun, quels que soient ses goûts, ses moyens et sa localisation, c’est-à-dire permettre l’accessibilité à une alimentation de qualité pour tous
  • produire et consommer des produits qui préservent les ressources et notre environnement et veiller ainsi au maintien de la biodiversité
  • favoriser une consommation responsable par exemple en limitant le gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne (de la production au recyclage) ou en prenant en compte la dimension territoriale (approvisionnement local, logistique, etc.)
  • considérer les transitions alimentaires à l’aune des produits comme des régimes alimentaires, afin de respecter la diversité culturelle attachée aux consommations alimentaires et aux modes de production et de transformation
Gouvernances, acteurs et politiques alimentaires

Les dynamiques alimentaires ne dépendent pas seulement des comportements des consommateurs, mais également des logiques et des stratégies organisationnelles développées par les acteurs. L’alimentation relève de politiques sanitaires, culturelles, sociales, économiques, qu’il convient de saisir dans leur complexité, voire dans leurs contradictions. Aux échelles internationale, nationale et locale, divers acteurs contribuent aux politiques publiques alimentaires. Cette diversité d’échelles rend parfois difficile la coordination de l’action publique et sa lisibilité pour les acteurs privés et les citoyens. Pour appréhender la question de la gouvernance alimentaire et proposer des pistes d’amélioration nous allons :

  • étudier les manières de gouverner les territoires alimentaires à l’interface de réseaux d’acteurs publics et privés issus du champ de l’économie sociale et solidaire ou des secteurs culturel et du tourisme afin de favoriser une meilleure prise en compte de la spécificité de ces acteurs et de leurs réseaux
  • analyser les effets des manières de gouverner les territoires alimentaires sur les modes de consommation de différents types de consommateurs (précaires, au-dessus du seuil de la pauvreté, enfants, étudiants, personnes âgées, isolées, etc.).
  • comparer les façons dont les expériences de gouvernance alimentaires fonctionnent dans les Nords et dans les Suds, en identifiant les modalités dans lesquelles elles peuvent s’enrichir mutuellement
  • analyser les formes de structuration de filières alimentaires ou de systèmes alimentaires sous l’angle des modèles organisationnels (coordination, etc.) et des modèles économiques et de création de valeur
  • appréhender les transformations de l’identité et des compétences des acteurs alimentaires et agricoles et leur capacité à mettre en place des systèmes résilients
Objectifs
La Chaire a pour objectifs de :
  • Répondre aux problématiques individuelles, collectives et sociétales liées à l’alimentation d’aujourd’hui et de demain : production, transformation, approvisionnement, consommation, etc.
  • Développer des partenariats entre institutions de recherche et acteurs du monde socio-économique quelle que soit la position de ceux-ci dans la chaîne alimentaire
Leviers
d’action
La Chaire peut mobiliser différents leviers d'actions :
  • La recherche collaborative : programmes de recherche, enquêtes, missions, thèses, publications
  • La formation : initiale, en alternance et continue (dont un cycle à l’Université Tous Ages), e-learning, MOOC, stages
  • Le dialogue science-société : médiation grand public, actions de sensibilisation, diffusion des résultats de la recherche (expositions, conférences, films/vidéos, site internet.), transfert vers les professionnels (ateliers collaboratifs)
Équipe

La chaire s’appuie sur un réseau pluridisciplinaire d’enseignants-chercheurs et de chercheurs s’intéressant aux questions liées à l’alimentation issus de différents laboratoires de recherche du site Lyon Saint-Etienne, en particulier :

  • Centre de Recherche de l’Institut Paul Bocuse : sciences des aliments, restauration
  • Centre Max Weber : sociologie et anthropologie
  • COACTIS : sciences de gestion (gouvernance, stratégie, marketing, etc.)
  • GRePS : psychologie sociale
  • LER : études rurales
Structuration
Un bureau

Il est composé de : 
Claire Delfosse, co-responsable de la Chaire
Maxime Michaud, co-responsable de la Chaire
Nikos Kalampalikis, coordinateur de l’axe Pratiques alimentaires et représentations associées à l’alimentation
Étienne Faugier, coordinateur de l’axe Transitions alimentaires et diversité des territoires
Béatrice Maurines, coordinatrice de l’axe Gouvernances, acteurs et politiques alimentaires
Amélie Le Bihan, coordinatrice administrative de la Chaire

Un comité de pilotage

Il est constitué des représentants des deux établissements et des partenaires :

Représentantes Université Lumière Lyon 2 :

  • Isabelle von Bueltzingsloewen, Vice-présidente en charge de la Recherche, des études doctorales et de la science ouverte
  • Julia Bonnacorsi, Vice-présidente Sciences et société
  • Marie-Karine Lhommé, Vice-présidente en charge de la formation

Représentantes Institut Paul Bocuse :

  • Agnès Giboreau, Directrice de la recherche du Centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse
  • Johanna Edelbloude, Directrice Académique Bachelor Arts Culinaires – Head of Faculty and Research de l’Institut Paul Bocus
Un comité scientifique pluridisciplinaire

Il est composé d’experts internes et externes aux établissements fondateurs.