Publié le 28 janvier 2026 Mis à jour le 30 janvier 2026
du 12
au 13 février 2026
Campus Berges du Rhône
8h30 à 17h

Le colloque se propose d'interroger les rapports entre littérature et politique, à travers l'utilisation des outils de "style" et "point de vue", dans une perspective diachronique. Cette approche historicisée et critique permettra de mettre en lumière les évolutions que cette notion de "littérature politique" a pu connaître depuis le Moyen-Âge.

L’actualité du champ littéraire témoigne, depuis quelques années, d’une reconfiguration globale, voire d’une contestation de la relation entre littérature et politique. De nombreux auteurs et autrices proposent une réévaluation de leurs liens historiques, de leurs frontières respectives, de leurs lieux de croisements.
Ces démarches s’inscrivent dans la continuité d’une réflexion plus globale qui constaterait une confusion entre le discours littéraire et le discours politique, entérinant aussi l’idée, exprimée par Nathalie Quintane, qu’« aujourd’hui, le mot "politique" est partout en littérature, peut-être au point d’en disséminer le sens et d’en atténuer la portée. » Ces œuvres insistent sur la nécessité de repenser la forme des discours, d’en restituer systématiquement les conditions de production et d’en circonscrire la dimension politique, au-delà de sa seule thématisation et revendication.
Ce colloque aura donc pour but de se demander ce qu’est « faire politiquement de la littérature ».
 

Au programme

Chaque intervention est suivie d'un temps de questions / réponses de 10 minutes.
 
Jeudi 12 février 2026
8h30 Accueil des participantes et particpants
9h Présentation du colloque et introduction théorique
1re session. Points de vue minoritaires dans l’Ancien Régime
9h30 Point de vue et énonciation genrée dans la littérature médiévale : quelques pistes d’analyse – Sophie MARNETTE (u. d’Oxford)
10h10 Le discours anonyme misogyne au XVIe siècle : formes et sens du discours politique viriliste – Béatrice ALONSO (u. de Perpignan)
11h Violences (discursives) envers les femmes des Évangiles des quenouilles aux Caquets de l’accouchée – Mathilde LAPORTE (u. Lumière Lyon 2)
11h30 Écrire les violences sexuelles : la question du point de vue dans la fiction pastorale – Alice GABRIEL (u. de Liège)
12h La voix des colonisés mise en fiction : comment parler du colonialisme à la première moitié du xviiie siècle ? – Olgie LEE (u. Lumière Lyon 2)
12h30 Pause déjeuner
2e session. Quand les subjectivités féminines mettent à mal les représentations dominantes
14h Remettre le monde à l’endroit : Éthique et politique du point de vue dans les récits d’inceste contemporains – Kathia HUYNH (u. de Strasbourg)
14h30 Regards brouillés : roman de formation féminine et dissidence intime dans la Roumanie des années 60–70 – Andrea DAVID (u. de Rome)
15h Pause café / thé
15h30 « Fausse » autofiction : deux études de cas – Carola PAOLUCCI (u. Sorbonne Nouvelle)
16h Écrire le/son lesbianisme dans l’Espagne du XXIe siècle : un acte politique ? – Julie SAU OCAMPO (u. Lumière Lyon 2)
Vendredi 13 février 2026
8h30 Accueil des participantes et particpants
3e session. Langue dominante, langue dominée : stratégies discursives de contestation
9h Écrire pour « donner aux mots la signification qu’ils ont dans le dictionnaire de la morale ». Le pamphlet du premier xixe siècle, programme littéraire, éthique et politique – Laetitia SAINTES (u. catholique de Louvain)
9h30 La représentation des discours des marginaux dans les récits de Pierre Bergounioux – Bérengère MORICHEAUAIRAUD (u. de Pau)
10h Sandra Lucbert ou l’art de défaire l’hégémonie : point de vue, langage et contre-discours – Ángel CLEMENTE ESCOBAR (u. de Grenade)
10h30 Pause café / thé
4e session. Scènes énonciatives : incarner les voix dissidentes dans la dramaturgie contemporaine
11h A.C. Hello, terreur politique et absence d’intention : la vie du lecteur comme film d’horreur vécue en capitalisme ordinaire – Mathieu FARIZIER (u. d’Oxford)
11h30 Du regard mutilé à une langue de combat : l’espace littéraire comme reenactement du traumatisme de guerre dans Shell Shock de Magali Mougel (2019) – Noémie REGNAUT (u. Paris 3 / Centre Marc Bloch Berlin)
12h Voix sans lieu, langues sans maître. Politique du point de vue et style féministe dans les écritures dramatiques d’Elfriede Jelinek et de Marie Ndiaye – Arnaud MAÏSETTI (u. d’Aix-Marseille)
12h30 Pause déjeuner
5e session. Réinvestir la langue : enjeux épistémiques et politiques
14h Styliser le populaire ? Politique du style et des voix dans Le Chiendent de Raymond Queneau – Ioanna KOUKI (u. de Perpignan / u. Toulouse Jean Jaurès)
14h30 Le style des doléances : formes populaires, subjectivités collectives et politisation du discours ordinaire – Guillaume FOYER (u. Littoral Côte d’Opale)
15h Pause café / thé
15h30 Les enjeux épistémiques des points de vue dans le roman La vie commence vendredi d’Ioana Pârvulescu – Lidia BRATU (u. de Bucarest)
16h10 Le point de vue du traducteur : enjeux stylistiques et politiques de la traduction du Tristram Shandy en espagnol – Valentine PIÉPLU (u. Paris 3)
16h40 Conclusion du comité d’organisation

Informations pratiques

Lieu(x)

Campus Berges du Rhône

Palais Hirsch

Partenaires

Avec le soutien de l'Université Lumière Lyon 2, des laboratoires Passages Arts & littératures (XX-XXI), FoReLLIS et IHRIM, des écoles doctorales 3LA et École doctorale Humanités de l'Université de Poitiers et de l'IUF.
 
Comité scientifique : Stéphane Bikialo (Université de Poitiers), Michèle Clément (Université Lumière Lyon 2), Vincent Berthelier (Université Paris Cité), Christelle Reggiani (Faculté des Lettres de Sorbonne Université), Justine Huppe (Université de Liège), Laure Michel (Université Lumière Lyon 2), Maryline Heck (Université de Tours), Sarah Al-Matary (Université Lumière Lyon 2), Julien Rault (Université de Poitiers), Raphaël Luis (ENS de Lyon).