Maître de conférences en langue et littératures médiévales (CIHAM) et à l'UFR lettres, sciences du langage et arts (LESLA)
Nommé membre junior 2026 de l'IUF, lauréat au titre de la chaire fondamentale avec son projet sur la tradition textuelle de la "Queste del saint Graal".
Ses travaux s’organisent autour de plusieurs axes : les traductions entre Italie et France, l’historiographie médiévale et la représentation de l’Antiquité, la transmission des textes médiévaux dans les premiers imprimés. Dès son intégration à l’université Lumière Lyon 2, cette dernière thématique l'a naturellement conduit à se consacrer à l’étude de la riche tradition livresque de Lyon, l’une des capitales européennes de l’imprimerie aux XVe et XVIe siècles. Plus récemment, un quatrième axe de ses recherches s’est développé autour de l'héraldique imaginaire, à la fois dans les textes et l’iconographie, en particulier arthuriens, au Moyen Âge et dans la première modernité. Sur ce sujet, il a récemment publié : D’azur à treize couronnes d’or. Enquête sur l’héraldique de la Table Ronde (textes, images, armoriaux), Genève, Droz, 2026.
Son projet (2026-2031)
GRAAL (Généalogie, Réception, Analyse des Adaptations du GraaL)Aucun mythe médiéval n’a connu un plus grand retentissement que le Graal. Les productions culturelles de notre époque attestent la pérennité de cette fortune. Tout a-t-il donc été dit sur la coupe mystique recherchée par les chevaliers de la Table Ronde ? Malgré l’abondance des travaux, un pan essentiel demeure débattu : la réception de l’ouvrage qui fixe la légende, à savoir la Queste del saint Graal. Le projet GRAAL (Généalogie, Réception, Analyse des Adaptations du GraaL) comble cette lacune en analysant comment et pourquoi ce récit a été reçu et réinventé entre le XIIIᵉ et le XVIᵉ siècle.Dans le cadre de cette délégation IUF, Francesco Montorsi va analyser la tradition textuelle de la Queste elle-même et en particulier les remaniements produits par des scribes-éditeurs qui, selon des pratiques typiques dans la culture manuscrite médiévale, ont pu abréger, adapter ou allonger l’œuvre qu’ils copiaient. Le regard se porte ensuite sur le Tristan en prose, œuvre à la tradition complexe et obscure, qui intègre en son sein, selon des configurations différentes d’un témoin à l’autre, la plus grande partie de la Queste, tout en lui ajoutant d’autres aventures inédites qui en prolongent la trame. Enfin, il va s’intéresser à un ensemble quelque peu énigmatique, à savoir les matériaux dits ‘Post-Vulgate’, français et étrangers, qui renfermeraient, selon certains chercheurs, les vestiges d’un cycle aujourd'hui disparu. Grâce à une approche qui conjugue études philologiques, textuelles et historiques, Francesco Montorsi souhaite éclairer cette réception complexe – l’objet de l’un des grands débats des études médiévales. Il espère en particulier mieux identifier et analyser les formes qu’a prises la Queste au long du Moyen Âge tout en élucidant les relations de dépendance et d’influence qui existent entre ces différentes versions. Enfin, en articulant le projet littéraire de chaque version avec son contexte socio-culturel de production et de réception, cette recherche ambitionne d’esquisser un chapitre de l’histoire des formes et des idéologies de la culture chevaleresque française tout au long du Moyen Âge |
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► Thématiques♦ Littérature narrative du Moyen Âge et de la Renaissance. Rapports texte et image (héraldique imaginaire)♦ Passage à l’imprimé des textes médiévaux. Histoire du livre et de l’édition ♦ Écriture de l’histoire (chroniques, romans, traductions) |
► Mots-clés♦ Roman de chevalerie♦ histoire du livre ♦ réception ♦ quête du Graal ♦ héraldique arthurienne |
Pour Francesco Montorsi, cette nomination représente d'abord une distinction dont il mesure le prestige. S'il s’agit d’une étape importante de son parcours de recherche, elle constitue aussi une occasion rare : « le projet que j'ai soumis est délibérément ambitieux, car il s'attaque à des corpus, à la fois amples et complexes, sur lesquels le débat scientifique n'a jamais dégagé de consensus. Ce type de recherche — comparative, philologiquement exigeante, ancrée dans la longue durée — ne peut véritablement avancer que dans des conditions matérielles et temporelles favorables. C'est précisément ce que la délégation à l'IUF rend possible. »