au 20 septembre 2026
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Vénus Génitrix
- Texte 7
-
Vous voici aux pieds d’un moulage reproduisant une sculpture de Vénus, la déesse de l’amour, de la beauté et du désir. Il s’agit d’une Vénus de type Génétrix, soit la mère de famille.
La figure représente une femme debout, à échelle humaine. Elle fait environ 1,78m de haut. Le corps n’est pas frontal ni rigide. Il repose principalement sur une jambe, tandis que l’autre est plus libre, un peu fléchie. Cela crée une posture souple, presque vivante. Le bassin s’incline légèrement d’un côté, les épaules répondent en sens inverse. Cette manière d’organiser le corps s’appelle le contrapposto (c-o-n-t-r-a-2p-o-s-t-o). La tête accompagne ce mouvement : le visage est légèrement tourné et doucement baissé.
Les pieds sont nus. Le pied gauche porte le corps. Le droit se pose plus légèrement. On reconnaît des pieds dits grecs : le gros orteil et le deuxième orteil paraissent de même longueur.
Le vêtement est traitée en drapé mouillé, il ne cache pas entièrement les formes mais les accompagne. On perçoit la courbe du ventre, le modelé des hanches, le volume des cuisses. Le nombril apparaît par transparence sous la tunique. L’épaule gauche de Vénus est dénudée. La bretelle a glissé dans le creux du bras, découvrant le sein gauche. À l’épaule droite, au contraire, la bretelle est encore en place. Plus bas, les plis deviennent plus verticaux et plus lourds. Ils se rassemblent en longues lignes parallèles jusqu’aux pieds gauche. Les plis sont nombreux, fins, souples et profondément creusés.
Son bras droit est levé vers l’épaule. La main passe au-dessus de celle-ci pour saisir un pan du manteau. Trois doigts se referment pour pincer le tissu, tandis que les autres restent légèrement relevés. Le geste paraît mesuré, comme si la figure cherchait à ramener le vêtement vers l’avant du corps. Le bras gauche, quant à lui, descend le long du corps. Le coude est légèrement fléchi vers l’avant. La main tient délicatement une petite pomme, les doigts sont entrouverts, sans crispation. Cette pomme renvoie à un épisode célèbre de la mythologie grecque : le jugement de Pâris. Pâris devait choisir la plus belle parmi trois déesses : Hera, Athena et Aphrodite. C’est à Aphrodite qu’il remet la pomme.
Le visage est calme, sans expression marquée. Les yeux sont en amande. Le nez est dit grec : droit, dans le prolongement du front. La bouche est fine, fermée, neutre. Les cheveux sont ondulés. Un bandeau traverse le front. De part et d’autre du visage, des mèches s’enroulent autour de ce bandeau et encadrent doucement les tempes. À l’arrière, la chevelure est rassemblée dans un chignon plaqué, peu volumineux.
Cette statue procure une certaine sérénité.
Cette œuvre appartient à un type très célèbre de l’Antiquité. L’original grec, datée du 5ème siècle avant notre ère, a aujourd’hui disparu. L’œuvre que nous connaissons est transmise par des copies romaines en marbre. La version découverte à Fréjus est l’une des plus importantes. C’est celle reproduite par ce moulage.
Vénus tient une pomme dans la main, et une pomme… ce n’est pas qu’un symbole. C’est aussi un fruit. Et un fruit ça a une odeur. Cette statue nous permet de vous parler du parfum dans le monde antique.
Pour les Grecs, les statues de divinités n’étaient pas de simples images décoratives. Elles étaient considérées comme des présences divines. On les habillait, on les ornait, on les entretenait, et on les parfumait. Dans les sanctuaires, on utilisait des huiles parfumées et des fumigations. On brûlait de l’encens ou de la myrrhe. On employait aussi des huiles de rose, d’iris, de marjolaine ou de laurier. Ces parfums étaient fabriqués à partir d’une base d’huile végétale, souvent de l’huile d’olive, à laquelle on ajoutait des matières aromatiques (fleurs, résines, plantes ou épices). Le parfum avait une fonction religieuse, mais aussi sensorielle : il marquait la présence du dieu, il purifiait l’espace et accompagnait le rituel.
Autrement dit, dans un sanctuaire antique, l’expérience n’était pas seulement visuelle. Il y avait la lumière, la matière de la statue, la fumée, la chaleur, et les odeurs.
Le lien entre parfum et corps dépasse d’ailleurs le cadre du culte. Dans la vie quotidienne aussi, les Grecs utilisaient des huiles parfumées. Après le bain, après le sport, pendant les banquets, on s’enduisait le corps d’onguents parfumés. Le parfum appartient donc à la fois au soin de soi, à la sociabilité et au rapport au divin.
Avec cette Vénus, on ne voit donc pas seulement une déesse de la beauté, mais on entre aussi dans un monde où le corps, l’odeur et la présence sacrée sont profondément liés.
Nous vous invitons à ouvrir la boîte présente sur la table tactile et d’en rapprocher votre visage. Sentez-vous cette odeur ? Nous avons imaginé le parfum qu’aurait pu porter cette statue.
Mythe du jugement de paris
- Texte 8
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Vous voici aux pieds d’un moulage reproduisant une sculpture de Vénus, la déesse de l’amour, de la beauté et du désir. Il s’agit d’une Vénus de type Génétrix, soit la mère de famille.
La figure représente une femme debout, à échelle humaine. Elle fait environ 1,78m de haut. Le corps n’est pas frontal ni rigide. Il repose principalement sur une jambe, tandis que l’autre est plus libre, un peu fléchie. Cela crée une posture souple, presque vivante. Le bassin s’incline légèrement d’un côté, les épaules répondent en sens inverse. Cette manière d’organiser le corps s’appelle le contrapposto (c-o-n-t-r-a-2p-o-s-t-o). La tête accompagne ce mouvement : le visage est légèrement tourné et doucement baissé.
Les pieds sont nus. Le pied gauche porte le corps. Le droit se pose plus légèrement. On reconnaît des pieds dits grecs : le gros orteil et le deuxième orteil paraissent de même longueur.
Le vêtement est traitée en drapé mouillé, il ne cache pas entièrement les formes mais les accompagne. On perçoit la courbe du ventre, le modelé des hanches, le volume des cuisses. Le nombril apparaît par transparence sous la tunique. L’épaule gauche de Vénus est dénudée. La bretelle a glissé dans le creux du bras, découvrant le sein gauche. À l’épaule droite, au contraire, la bretelle est encore en place. Plus bas, les plis deviennent plus verticaux et plus lourds. Ils se rassemblent en longues lignes parallèles jusqu’aux pieds gauche. Les plis sont nombreux, fins, souples et profondément creusés.
Son bras droit est levé vers l’épaule. La main passe au-dessus de celle-ci pour saisir un pan du manteau. Trois doigts se referment pour pincer le tissu, tandis que les autres restent légèrement relevés. Le geste paraît mesuré, comme si la figure cherchait à ramener le vêtement vers l’avant du corps. Le bras gauche, quant à lui, descend le long du corps. Le coude est légèrement fléchi vers l’avant. La main tient délicatement une petite pomme, les doigts sont entrouverts, sans crispation. Cette pomme renvoie à un épisode célèbre de la mythologie grecque : le jugement de Pâris. Pâris devait choisir la plus belle parmi trois déesses : Hera, Athena et Aphrodite. C’est à Aphrodite qu’il remet la pomme.
Le visage est calme, sans expression marquée. Les yeux sont en amande. Le nez est dit grec : droit, dans le prolongement du front. La bouche est fine, fermée, neutre. Les cheveux sont ondulés. Un bandeau traverse le front. De part et d’autre du visage, des mèches s’enroulent autour de ce bandeau et encadrent doucement les tempes. À l’arrière, la chevelure est rassemblée dans un chignon plaqué, peu volumineux.
Cette statue procure une certaine sérénité.
Cette œuvre appartient à un type très célèbre de l’Antiquité. L’original grec, datée du 5ème siècle avant notre ère, a aujourd’hui disparu. L’œuvre que nous connaissons est transmise par des copies romaines en marbre. La version découverte à Fréjus est l’une des plus importantes. C’est celle reproduite par ce moulage.
Vénus tient une pomme dans la main, et une pomme… ce n’est pas qu’un symbole. C’est aussi un fruit. Et un fruit ça a une odeur. Cette statue nous permet de vous parler du parfum dans le monde antique.
Pour les Grecs, les statues de divinités n’étaient pas de simples images décoratives. Elles étaient considérées comme des présences divines. On les habillait, on les ornait, on les entretenait, et on les parfumait. Dans les sanctuaires, on utilisait des huiles parfumées et des fumigations. On brûlait de l’encens ou de la myrrhe. On employait aussi des huiles de rose, d’iris, de marjolaine ou de laurier. Ces parfums étaient fabriqués à partir d’une base d’huile végétale, souvent de l’huile d’olive, à laquelle on ajoutait des matières aromatiques (fleurs, résines, plantes ou épices). Le parfum avait une fonction religieuse, mais aussi sensorielle : il marquait la présence du dieu, il purifiait l’espace et accompagnait le rituel.
Autrement dit, dans un sanctuaire antique, l’expérience n’était pas seulement visuelle. Il y avait la lumière, la matière de la statue, la fumée, la chaleur, et les odeurs.
Le lien entre parfum et corps dépasse d’ailleurs le cadre du culte. Dans la vie quotidienne aussi, les Grecs utilisaient des huiles parfumées. Après le bain, après le sport, pendant les banquets, on s’enduisait le corps d’onguents parfumés. Le parfum appartient donc à la fois au soin de soi, à la sociabilité et au rapport au divin.
Avec cette Vénus, on ne voit donc pas seulement une déesse de la beauté, mais on entre aussi dans un monde où le corps, l’odeur et la présence sacrée sont profondément liés.
Nous vous invitons à ouvrir la boîte présente sur la table tactile et d’en rapprocher votre visage. Sentez-vous cette odeur ? nous avons imaginé le parfum qu’aurait pu porter cette statue.
Mythe guerre de Troie
- Texte 9
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Je suis Laocoon, prêtre troyen du dieu Poséidon. J'ai vécu les dernières heures de ma cité. Et surtout, j'ai vu venir sa perte.
Tout a commencé lorsque notre jeune prince Pâris est revenu à Troie en compagnie de la belle Hélène. Certains prétendent qu'il l'aurait enlevée... Moi, je ne partage pas cet avis. Notre prince était un homme bon. Hélène l'avait choisi, et Aphrodite elle-même lui avait promis cet amour en récompense. Pourtant, qu'il s'agisse d'un enlèvement ou d'une fuite volontaire importait peu aux Grecs. À leurs yeux, Hélène appartenait au roi Ménélas. Son départ fut considéré comme un acte de trahison et provoqua la colère des grecs.
Pendant dix longues années, ils ont assiégé nos murailles. Dix années de batailles, de souffrances et de morts.
Puis, un matin, quelque chose changea.
Les navires grecs avaient disparu.
La plage était vide.
À leur place se dressait un immense cheval de bois.
Les habitants de Troie étaient émerveillés. Certains y voyaient une offrande sacrée laissée aux dieux. D'autres pensaient déjà à le faire entrer dans la ville comme un trophée célébrant notre victoire.
Mais moi...
Moi, je me méfiais.
Après dix années de guerre, pourquoi nos ennemis nous auraient-ils laissé un cadeau ?
Je regardais cette immense construction de bois et quelque chose me paraissait profondément étrange.
Alors j'ai lancé un avertissement.
Une phrase que les hommes répètent encore aujourd'hui :
« Je crains les Grecs, même lorsqu'ils apportent des présents. »
Mais personne ne voulait m'écouter !
Ils étaient aveuglés par l'espoir. Ils voulaient croire que la guerre était terminée. Ils voulaient croire à leur victoire.
Alors, dans un dernier effort pour les convaincre, je me suis avancé vers le cheval. J'ai frappé sa paroi de toutes mes forces.
Le bois a résonné.
Creux.
Comme si quelque chose se cachait à l'intérieur.
J'étais certain d'avoir raison.
Certain que ce cheval était un piège.
Mais au lieu d'écouter mon avertissement, beaucoup y virent une offense envers les dieux.
Pourtant, je persistais.
Je devais sauver Troie.
Plus tard, je me rendis au bord de la mer pour accomplir un sacrifice à Poséidon, afin de quémander son aide pour renverser les bateaux des grecs, qui devaient déjà être bien loins. À mes côtés, se tenaient mes deux fils.
Je pensais encore pouvoir protéger ma cité.
Je me trompais.
Soudain, les flots s'agitèrent.
Deux créatures monstrueuses surgirent des profondeurs.
Deux serpents gigantesques.
Leurs corps écailleux fendirent les vagues tandis qu'ils se dirigeaient droit vers nous.
Ils saisirent mes enfants.
Sans hésiter, je me suis précipité pour les sauver. J'ai lutté. J'ai tiré de toutes mes forces. J'ai appelé les dieux à mon secours.
Mais les monstres étaient trop puissants : leurs corps se refermèrent autour de nous.
Autour de mes fils.
Autour de moi.
Mon souffle me quittait peu à peu… Et ce fut la fin.
Et alors même que nous venions de mourir, les Troyens y virent un signe divin. Ils crurent que les dieux me punissaient d'avoir osé frapper le cheval.
Alors ils firent exactement ce que je voulais empêcher, exactement l’inverse de ce que je leur avais recommandé.
Ils ouvrirent les portes de Troie.
Ils firent entrer le cheval dans la cité.
Cette nuit-là, les soldats grecs cachés à l'intérieur sortirent de leur cachette, ouvrirent les portes à leur armée et condamnèrent Troie à la destruction.
J'avais vu la vérité.
J'avais tenté de les prévenir.
Mais ils ne voulaient pas me croire.
Et cela causa leur perte.
La statue devant vous immortalise mes derniers instants. Je me débats. Mes muscles sont tendus, mon visage déformé par la douleur, et par le désespoir. Mes fils m’accompagnent, prisonniers des mêmes serpents.
C'est l'instant où je lutte encore pour les sauver.
L'instant où je comprends que tout est perdu.
L'instant où je pousse mon ultime cri, tandis que les griffes du destin se referment sur la cité de Troie.
Le Laocoon et ses fils
- Texte 10
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La sculpture que vous avez devant vous représente Laocoon, un prêtre troyen, et ses deux fils. Elle a été réalisé vers 40 avant notre ère. Nous sommes vers la fin de la période hellénistique qui commence à la mort d’Alexandre le Grand, en 323 avant notre ère, et se prolonge jusqu’à l’époque romaine, en -27 précisément.
Cette œuvre représente un épisode de l’Illiade. Ce prêtre et ses fils sont victimes de la guerre de Troie et de la colère des dieux. Ils se font attaquer par des serpents géants. Malheureusement pour les troyens, ces personnages ne sortirons pas vainqueurs de ce combat…
Laocoon et ses fils est un grand groupe sculpté composé de trois figures humaines enlacées par deux serpents. Il mesure 2,50m de haut, 1,71 de large, et 80cm de profondeur.
La scène repose sur un socle formé de trois blocs rectangulaires superposés un peu comme des marches. Toute la composition s’organise autour d’un mouvement de torsion et de lutte. Les corps se croisent, se tendent et se déséquilibrent sous l’attaque des serpents.
Au centre se trouve Laocoon, le père. Son corps est plus grand et plus massif que ceux des deux garçons placés de chaque côté. Il est tombé et se retrouve assis sur le bloc central du socle. Sa posture est instable et dramatique. Sa jambe droite est repliée en angle droit. La pointe du pied repose sur le bloc médium du socle. Un serpent enroule le haut de sa cuisse avant de rejoindre son fils situé à droite. L’autre jambe est également fléchie, mais davantage rejetée vers l’arrière. Le pied repose plus bas, sur un autre niveau du socle. Un second serpent passe derrière son mollet puis s’enroule vers l’autre fils. Le torse de Laocoon est entièrement nu. Les muscles sont fortement contractés : les abdominaux, les côtes et les pectoraux apparaissent avec précision. Le ventre se creuse sous l’effort. Le dos reste pourtant très droit malgré la douleur. Le bras droit est levé au-dessus de la tête. Il retient un serpent qui passe ensuite derrière son dos. Ce bras forme une grande courbe dans l’espace. Le bras gauche est plié vers le corps. La main tente d’arracher la tête du serpent qui le mord à la hanche gauche. Sous lui, un tissu est posé sur le socle. Il tombe vers l’avant et glisse sur les côtés. Ce drapé correspond probablement à la tunique du prêtre. Un serpent traverse les plis du tissu avant de s’enrouler autour du mollet gauche du père et de rejoindre le fils situé à sa gauche. La tête de Laocoon est renversée vers l’arrière et tournée comme vers le ciel. La bouche est grande ouverte. Les sourcils sont profondément froncés. Toute l’expression du visage évoque la douleur, la peur et le désespoir. Les cheveux sont mi-longs, épais et ondulés. Une barbe encadre le bas du visage.
À gauche du groupe se tient l’un des fils. Son corps est plus jeune et plus fin. Lui aussi est pris dans les enroulements du serpent. Il repose partiellement sur le socle de son père et son corps bascule légèrement vers l’arrière. Une de ses jambes est entourée par le serpent. L’autre ne touche presque plus le sol : le garçon semble soulevé, retenu seulement par la pointe du pied. Son visage est tourné vers son père. Le bras droit est relevé au-dessus de la tête dans un geste très ouvert, presque semblable à un mouvement de danse. Le serpent s’enroule autour de son épaule. Le bras gauche est replié sur son torse. Avec cette main, il tente d’écarter la tête du serpent qui le mord au niveau des côtes. Son visage exprime la même souffrance que celui de son père. Les sourcils se resserrent vers le nez. La bouche est ouverte. Le regard paraît inquiet et implorant. Un vêtement glisse sur une de ses épaules et laisse le reste du corps découvert.
À droite du groupe apparaît le second fils. Contrairement à son frère, il ne repose pas sur le socle. Son corps paraît plus suspendu et déséquilibré. Il se tient sur la pointe du pied droit, la jambe à moitié fléchie. Un serpent s’enroule autour de sa cuisse. Le haut du torse se penche légèrement vers l’avant. Le torse est musclé, mais le mouvement du corps crée des plis de peau au niveau du ventre. Sa jambe gauche est relevée sous l’effet du serpent qui s’enroule autour de la cuisse puis de la cheville. Avec sa main gauche, il tente d’arracher le serpent fixé à sa cheville. Le bras droit est levé devant lui, la main ouverte dans un geste qui évoque un arrêt ou une tentative de protection. Le serpent remonte également autour de ce bras. Sa tête est tournée de profil. Il regarde son père et son frère. Son expression reprend les mêmes signes de peur, de douleur et de désespoir : bouche ouverte, sourcils tendus, regard inquiet. Comme son frère, il porte un drapé rejeté sur l’épaule gauche, laissant le reste du corps nu.
L’ensemble du groupe produit une impression de mouvement violent et continu. Les serpents relient les trois corps entre eux et guident le regard à travers toute la sculpture. Aucun personnage n’est immobile : chaque muscle, chaque torsion et chaque geste participe à la scène de lutte. Les corps semblent pris dans une spirale de tension, entre résistance et chute imminente.
Ce qui frappe ici, c’est l’intensité physique : les muscles sont contractés, les torsions sont fortes, es corps semblent retenus, entravés, empêchés. On sent un effort, mais aussi une impossibilité d’échapper à ce qui arrive. Le visage de Laocoon participe aussi à cette impression : le front est tendu, la bouche est ouverte, le regard est levé. On ne sait pas exactement s’il crie ou s’il retient sa douleur. C’est justement cette ambiguïté qui donne à la sculpture sa force expressive. Ici, les artistes cherchent à montrer non seulement le corps, mais aussi ce qu’il ressent. Ils cherchent à provoquer une émotion chez le spectateur. On parle parfois de pathos (p-a-t-h-o-s), c’est-à-dire d’une représentation intense des passions, de la souffrance et de la tension dramatique.
Cette évolution nous dit quelque chose d’important sur le monde grec de cette époque : à la période hellénistique, les artistes s’intéressent davantage aux émotions et aux expériences individuelles. Le corps devient le lieu où se lisent la douleur, l’effort, la peur et la fatalité.
Il y a aussi une histoire intéressante autour de cette sculpture. Elle est redécouverte à Rome en 1506, à la Renaissance. Au moment de sa découverte, il manque plusieurs fragments, notamment un bras de Laocoon. Pendant longtemps, on le reconstruit tendu vers le ciel, dans un geste héroïque. C’est cette posture que reproduit notre moulage. Mais en 1906, on retrouve le bras antique et, en réalité, il était replié, beaucoup plus proche du corps. Ce détail change tout. On passe d’un héros qui résiste à un homme écrasé par la douleur. Cela montre aussi que notre manière de comprendre les œuvres évolue avec le temps.
La reproduction tactile de cette œuvre reprend la posture originelle de Laocoon, avec son bras plié.
Athéna Parthénos
- Texte 11
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Vous vous tenez devant une statue d’Athéna d’une hauteur de 103 centimètres. Il s’agit de la réduction d’un original qui n’a jamais été retrouvé.
En effet cette statue, appelée Athéna Parthénos, se trouvait durant l’Antiquité au centre du Parthénon, sur l’Acropole d’Athènes.
Elle se situait au fond du monument, face à l’entrée. Elle mesurait en réalité plus de 12 mètres de haut. Il s’agissait d’une statue chryséléphantine, une technique consistant à réaliser dans un premier temps une ossature en bois que l’on venait recouvrir de plaques d’or (plus d’une tonne d’or aurait été nécessaire) ainsi que de plaques d’ivoire (amollies avant d’être moulées). Alors que les premières étaient maintenues dans le bois par des clous, les secondes étaient collées puis peintes de couleurs vives. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de cette statue. Elle aurait disparu probablement au cours du premier millénaire sans que la raison ne soit connue aujourd’hui. Cependant, grâce à des descriptions très précises, et aux copies en taille réduite qui ont été faite pendant l’Antiquité, on peut en faire des hypothèses de restitution comme celle que nous avons ici au Musée des Moulages.
Athéna est la déesse de la stratégie militaire et de la sagesse chez les grecs. Elle est ici représentée debout, stable et droite, dans une posture majestueuse. Son corps est entièrement recouvert d’un long vêtement qui tombe verticalement jusqu’au sol en plis fins et réguliers. Au niveau de la taille, un lien ayant la forme d’un serpent maintient le tissu.
Sa tête est protégée par un casque imposant. C’est un casque large, très décoré, qui donne à la déesse une allure guerrière mais aussi royale. On y trouve trois chevaux ailés formant trois crêtes sur le dessus du casque, qui descendent jusqu’en bas de sa nuque. Sous le casque, son visage est visible. Il semble serein, calme.
Son bras droit est relevé et repose sur une colonne cylindrique. Sa main est tournée vers le ciel, et porte une petite figure féminine ailée : Niké, la déesse de la Victoire, symbolise le triomphe qu’Athéna incarne. Elle est représentée avec une longue robe, deux ailes repliées dans son dos. Elle n’a plus de tête. Pour revenir à la figure centrale d’Athéna, le bras gauche longe le côté de son corps et sa main tiens un bouclier, placé à la verticale au côté de la déesse. Derrière ce bouclier, contre sa jambe, se cache un énorme serpent. Ce dernier est l’un des symboles d’Athéna. C’est aussi l’incarnation de son fils, Érichthonios, le quatrième roi légendaire d'Athènes.
Enfin, sur les épaules de la statue, on trouve ce que l’on appelle l’égide. Il s’agit d’un morceau de peau de chèvre, faisant office d’armure pour Athéna. On peut y voir les bouclettes du poil de l’animal en relief. Finalement, au centre de l’égide, au niveau de la poitrine d’Athéna, se trouve la représentation d’un visage. Il s’agit de celui de la gorgone, Méduse, transformé ainsi par Athéna elle-même, avant qu’elle ne devienne son trophée, ornant sa poitrine à tout jamais.
Mythe de la gorgone Méduse
- Texte 12
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Vous me connaissez sans doute.
Lorsque l'on prononce mon nom, on imagine immédiatement un monstre. Une créature effroyable aux cheveux de serpents, aux crocs acérés et au regard capable de transformer les hommes en pierre.
Mais ce n'est pas ainsi que mon histoire a commencé.
Je m'appelle Méduse.
Et autrefois, j'étais une jeune femme.
Une jeune femme admirée pour sa beauté.
J'étais prêtresse de la déesse Athéna. On disait que ma chevelure était la plus belle de toute la Grèce. Les poètes racontaient que tous les regards se tournaient vers moi lorsque je passais.
Je l'avoue... j'en étais fière. Peut-être même un peu trop. Mais je n'avais rien fait de mal ! Mis à part, peut-être, me vanter de ma beauté.
Pourtant, cela suffit à attirer la colère d’Athéna. Car comment une simple mortelle pouvait-elle rivaliser avec une déesse ? Comment pouvais-je attirer davantage l'attention qu'elle ?
Sa jalousie grandissait, et un jour, sa colère s'abattit sur moi. Je sentis alors mon corps changer. Mes magnifiques cheveux se transformèrent en d’affreux serpents. Ma peau devint rugueuse comme des écailles. Mon visage inspira désormais l'effroi.
Je n'étais plus une femme.
J'étais devenue un monstre.
Mais Athéna ne s'arrêta pas là. Elle m'offrit ce que certains appelleraient un pouvoir, mais moi, j'y vois plutôt une malédiction : désormais, quiconque croisait mon regard était instantanément changé en pierre.
Amis.
Ennemis.
Inconnus.
Tous.
Comment vivre parmi les hommes lorsque le simple fait de les regarder les condamne J'ai donc fui, et me suis exilée loin du monde, sur une île isolée de tout. Condamnée à la solitude, et à voir les statues s'accumuler autour de moi.
Des années passèrent. Puis un jour, un nouveau visiteur arriva. Un héros. Persée. On lui avait confié une mission impossible : me tuer. Mais il n'était pas seul : Athéna l'aida.
Encore elle.
Toujours elle.
Elle lui prêta son bouclier. Un bouclier si poli qu'il brillait comme un miroir. Grâce à ce reflet, Persée put s'approcher sans jamais croiser mon regard. Je ne le vis même pas venir. Un instant plus tard… Ma tête roulait sur le sol.
Ainsi prit fin ma vie.
Du moins, c'est ce que l'on pourrait croire, car mon histoire ne s'arrête pas là.
Pour remercier Athéna de son aide, Persée lui offrit ma tête. Ma tête ! Et savez-vous ce qu'elle en fit ? Elle l'exposa comme un trophée. Selon les récits, elle la fixa sur son égide ou sur son bouclier.
Comme si cela ne suffisait pas de m'avoir transformée.
Comme si cela ne suffisait pas de m'avoir condamnée à la solitude.
Comme si cela ne suffisait pas de m'avoir fait tuer.
Elle fit de moi une arme. Mon regard continua à pétrifier ses ennemis. Mon visage devint un symbole de protection. Le symbole d'Athéna.
Alors admirez la déesse qui se trouve devant vous : sur sa poitrine apparaît mon image, à jamais attachée à celle qui a bouleversé mon existence. Même après ma mort, je n'ai jamais pu lui échapper.
Zéphyr :
L'histoire que je vais vous raconter est celle d'un amour. Un amour si fort qu'il a finit par se transformer en tragédie…
Tout a commencé lorsque j'ai rencontré Hyacinthe. Il était un jeune prince d'une beauté exceptionnelle. Son sourire illuminait les lieux où il passait et sa présence attirait tous les regards. Il possédait cette lumière rare qui pousse les autres à l'aimer sans même s'en rendre compte.
Mais je n'étais pas le seul à être tombé sous son charme… un autre l'aimait également : Apollon, dieu de la musique et des arts.
Partout où allait Hyacinthe, Apollon l’accompagnait. Très vite, une profonde complicité naquit entre eux. C’était simple : ils passaient toutes leurs journées ensemble.
Et moi… Je regardais cela de loin. J'essayais de me convaincre que cela ne me faisait rien, que j'étais heureux pour lui. Mais ce n'était pas vrai.
Chaque sourire que Hyacinthe adressait à Apollon me blessait un peu plus, chaque moment partagé entre eux alimentait ma jalousie, que j’avais de plus en plus de mal à maîtriser.
Parmi toutes leurs activités, ils en avaient une favorite : le lancer du disque. Ils s'entraînaient ensemble pendant des heures ! Apollon lui enseignait les gestes, la posture, la précision.
Hyacinthe l’admirait. Et je crois que c'est cela qui me faisait le plus mal.
Puis arriva ce jour.
Le jour que je n'ai jamais réussi à oublier.
Le soleil brillait. Le ciel était calme.
Apollon se préparait à effectuer une démonstration.
Hyacinthe l'observait avec enthousiasme.
Il envoya alors le disque, qui fendit l'air avec puissance.
Puis, alors qu’il filait droit dans les airs, un événement étrange se produisit : le disque dévia brusquement de sa trajectoire.
Il heurta un rocher. Rebondit. Et partit droit vers Hyacinthe.
Je me souviens encore de l'instant où son regard croisa le projectile.
Il n'eut pas le temps de réagir. C’était déjà trop tard. Le disque le frappa de plein fouet, et il s'effondra.
Le silence qui suivit fut terrible.
Apollon se précipita immédiatement auprès de lui. Il tenta de le sauver. Il l’appela, encore et encore !
Mais les forces d'Hyacinthe l'abandonnaient déjà.
Alors, dans sa douleur, Apollon accomplit un dernier geste d’amour. Du sang versé sur le sol naquit une magnifique fleur rouge vermeil : la jacinthe. Une fleur destinée à préserver pour toujours le souvenir de celui qu'il avait perdu. On raconte même que l'on pouvait lire sur ses pétales les mots « AI AI » : « Ah, hélas... ». Le cri du deuil, le cri du regret.
Seulement, ce n’était pas un simple coup de vent qui m'avait enlevé mon amour… : c'était moi.
Moi qui observais leur bonheur avec envie.
Moi qui ne supportais plus de voir Hyacinthe dans les bras d'un autre.
Moi qui ai laissé ma jalousie prendre le dessus.
Je suis Zéphyr, dieu du vent de l’Ouest. Dans un accès de colère, j’ai volontairement détourné le vent au moment où Apollon lançait son disque. Je voulais interrompre leur bonheur, je voulais les séparer. Mais je n'ai jamais voulu le tuer ! C'est pourtant ce qui est arrivé.
Hyacinthe est mort par ma faute.
Lorsque j'ai compris ce qui venait de se produire, la honte m'a submergé. Je n'ai pas eu le courage de rester. Je n'ai pas eu la force de regarder plus longtemps le corps sans vie de celui que j'aimais.
Alors j'ai fui.
Et depuis ce jour, son souvenir me poursuit.
À présent, tournez-vous vers la statue devant vous. Vous êtes face à un lanceur de disque. C'est cette posture qu'Apollon avait adoptée quelques instants avant le lancer.
Quelques instants avant que le disque ne quitte sa main.
Quelques instants avant que ma jalousie l'emporte.
Quelques instants avant qu'elle ne scelle le destin de mon bien aimé à tout jamais.
Mythe d'Apollon et de Hyacinthe
- Texte 13
-
L'histoire que je vais vous raconter est celle d'un amour. Un amour si fort qu'il a finit par se transformer en tragédie…
Tout a commencé lorsque j'ai rencontré Hyacinthe. Il était un jeune prince d'une beauté exceptionnelle. Son sourire illuminait les lieux où il passait et sa présence attirait tous les regards. Il possédait cette lumière rare qui pousse les autres à l'aimer sans même s'en rendre compte.
Mais je n'étais pas le seul à être tombé sous son charme… un autre l'aimait également : Apollon, dieu de la musique et des arts.
Partout où allait Hyacinthe, Apollon l’accompagnait. Très vite, une profonde complicité naquit entre eux. C’était simple : ils passaient toutes leurs journées ensemble.
Et moi… Je regardais cela de loin. J'essayais de me convaincre que cela ne me faisait rien, que j'étais heureux pour lui. Mais ce n'était pas vrai.
Chaque sourire que Hyacinthe adressait à Apollon me blessait un peu plus, chaque moment partagé entre eux alimentait ma jalousie, que j’avais de plus en plus de mal à maîtriser.
Parmi toutes leurs activités, ils en avaient une favorite : le lancer du disque. Ils s'entraînaient ensemble pendant des heures ! Apollon lui enseignait les gestes, la posture, la précision.
Hyacinthe l’admirait. Et je crois que c'est cela qui me faisait le plus mal.
Puis arriva ce jour.
Le jour que je n'ai jamais réussi à oublier.
Le soleil brillait. Le ciel était calme.
Apollon se préparait à effectuer une démonstration.
Hyacinthe l'observait avec enthousiasme.
Il envoya alors le disque, qui fendit l'air avec puissance.
Puis, alors qu’il filait droit dans les airs, un événement étrange se produisit : le disque dévia brusquement de sa trajectoire.
Il heurta un rocher. Rebondit. Et partit droit vers Hyacinthe.
Je me souviens encore de l'instant où son regard croisa le projectile.
Il n'eut pas le temps de réagir. C’était déjà trop tard. Le disque le frappa de plein fouet, et il s'effondra.
Le silence qui suivit fut terrible.
Apollon se précipita immédiatement auprès de lui. Il tenta de le sauver. Il l’appela, encore et encore !
Mais les forces d'Hyacinthe l'abandonnaient déjà.
Alors, dans sa douleur, Apollon accomplit un dernier geste d’amour. Du sang versé sur le sol naquit une magnifique fleur rouge vermeil : la jacinthe. Une fleur destinée à préserver pour toujours le souvenir de celui qu'il avait perdu. On raconte même que l'on pouvait lire sur ses pétales les mots « AI AI » : « Ah, hélas... ». Le cri du deuil, le cri du regret.
Seulement, ce n’était pas un simple coup de vent qui m'avait enlevé mon amour… : c'était moi.
Moi qui observais leur bonheur avec envie.
Moi qui ne supportais plus de voir Hyacinthe dans les bras d'un autre.
Moi qui ai laissé ma jalousie prendre le dessus.
Je suis Zéphyr, dieu du vent de l’Ouest. Dans un accès de colère, j’ai volontairement détourné le vent au moment où Apollon lançait son disque. Je voulais interrompre leur bonheur, je voulais les séparer. Mais je n'ai jamais voulu le tuer ! C'est pourtant ce qui est arrivé.
Hyacinthe est mort par ma faute.
Lorsque j'ai compris ce qui venait de se produire, la honte m'a submergé. Je n'ai pas eu le courage de rester. Je n'ai pas eu la force de regarder plus longtemps le corps sans vie de celui que j'aimais.
Alors j'ai fui.
Et depuis ce jour, son souvenir me poursuit.
À présent, tournez-vous vers la statue devant vous. Vous êtes face à un lanceur de disque. C'est cette posture qu'Apollon avait adoptée quelques instants avant le lancer.
Quelques instants avant que le disque ne quitte sa main.
Quelques instants avant que ma jalousie l'emporte.
Quelques instants avant qu'elle ne scelle le destin de mon bien aimé à tout jamais.
Le Discobole
- Texte 14
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Vous vous trouvez devant le célèbre Discobole. À l’origine, cette œuvre était réalisée en bronze. Le moulage conservé ici est réalisé à partir d’une copie romaine en marbre, faite d’après l’original grec aujourd’hui disparu. Il est un peu plus petit que nous, il mesure 1,50m de haut, pour 66cm de large et 37cm de profondeur.
Cette statue date de l’époque classique. Ce qui caractérise la sculpture de cette période, est la mise en mouvement des figure, avec une représentation anatomique plus développée par rapport à celle qui la précédait.
Ce moulage présente une particularité : il est dépourvu de tête. Ce n’est pas un accident. Henri Lechat, le premier conservateur du musée, estimait que la tête qui accompagnait ce moulage était posée dans le mauvais sens, et n’était pas la bonne qui plus est. De plus, comme il était aussi enseignant et chercheur, il préférait présenter une œuvre incomplète plutôt qu’une restitution qu’il jugeait incertaine.
Le Discobole représente un athlète en train de lancer un disque. L’homme est nu, penché en avant. Le corps est fortement ramassé sur lui-même, dans une grande tension :
• Les jambes sont fléchies. Une jambe porte le poids du corps, tandis que l’autre touche à peine le sol.
• Le torse se penche vers l’avant et se tourne légèrement.
• Les bras s’écartent largement de part et d’autre du corps. L’un accompagne l’élan, l’autre porte le disque vers l’arrière.
L’ensemble donne l’impression d’un corps retenu dans un moment très bref, juste avant le lancer. Ce qui est frappant, c’est que les différentes parties du corps ne vont pas toutes dans la même direction. Les jambes, le bassin, le torse et les bras semblent chacun orientés autrement. Cette organisation crée une impression de torsion et d’équilibre instable.
On pourrait croire qu’il s’agit d’un instant saisi sur le vif. En réalité, ce n’est pas le cas. Le sculpteur n’a pas cherché à reproduire exactement un mouvement réel. Il a plutôt recomposé plusieurs moments successifs du geste en une seule image. C’est ce qui donne à la sculpture son caractère à la fois très vivant et très construit. C’est une position impossible à tenir dans la réalité. On n’est pas face à une image réelle, mais face à une construction idéale.
La reproduction tactile de cette œuvre n’a pas la tête manquante. Elle est reproduite dans l’état de l’œuvre originale. Et dans la version complète de la statue, le visage est calme, sans tension visible, sans expression de fatigue ou de douleur. Aucune trace d’effort ne s’y fait ressentir. C’est ça l’idéal grec : un corps en action, mais parfaitement maîtrisé.
C’est un point important pour comprendre l’art grec de cette époque. Les artistes cherchent à représenter un corps idéal : un corps harmonieux, équilibré, capable d’exprimer la maîtrise de soi. Cette importance du corps masculin est liée à la culture grecque. Il est lié à l’éducation, au sport, à la guerre, mais aussi à la pensée. On considère qu’un corps harmonieux reflète aussi un esprit équilibré. Soit, il faut un esprit sain dans un corps sain.
Cette évolution nous dit aussi quelque chose d’autre sur la société grecque : le sport y occupe une place essentielle. Aussi bien pour l’éducation que pour la cohésion sociale. En effet, les Grecs vivent dans des cités indépendantes partout autour de la Méditerranée, mais ils ont conscience d’appartenir à la même culture. Donc ils ont besoin de moments pour se retrouver. Et ces rencontres passent notamment par les concours, ce qu’on appelle l’agôn (a-g-o), c’est-à-dire la compétition. Les Jeux olympiques, par exemple, rassemblent des Grecs venus de différentes cités. Même en période de guerre, on instaure une trêve pour permettre à tous de venir.
Cet athlète n’est donc pas seulement un sportif, il incarne aussi une certaine idée du citoyen grec : un homme entraîné, discipliné, capable de se mesurer aux autres, d’honorer les dieux et de participer à la vie de sa cité.
Informations pratiques
Lieu(x)
Musée des Moulages