Publié le 18 décembre 2025
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Mis à jour le 14 janvier 2026
le 15 janvier 2026
En tant qu’éditeur scientifique public, les Presses universitaires de Lyon (PUL) s’efforcent, depuis 1976, de vulgariser, diffuser et promouvoir la recherche en sciences humaines et sociales, en art et en littérature. Affirmant l’ambition d’un service public de l’enseignement supérieur, les PUL œuvrent à l’ouverture et à l’accessibilité des savoirs académiques, plus que jamais utiles.
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Des mouvements sociaux à l’histoire de Lyon, des études sur le genre aux littératures, des sujets les plus brûlants aux domaines de spécialité les plus pointus, les PUL participent à leur manière à l’affirmation d’une nécessaire analyse critique du monde qui nous entoure, appuyée sur des travaux de recherche. Leur catalogue reflète bien sûr l’évolution des découpages disciplinaires comme des standards scientifiques. Mais il est aussi le témoin de son époque, embrassant les enjeux qui sont au centre des discussions scientifiques comme au coeur des débats politiques, économiques ou sociaux.Avec plus de 1 000 références, dont ce catalogue rassemble celles qui sont disponibles au format papier ou numérique, les PUL espèrent plus que jamais jouer leur rôle – auprès des étudiants et des étudiantes, des universitaires, mais aussi du grand public – en diversifiant les formats et les thèmes, sans renier pour autant leur héritage.
En célébrant les 50 ans de la maison d’édition de l’université Lumière Lyon 2, nous souhaitons avant tout affirmer haut et fort la nécessité d’un enseignement supérieur public et indépendant, sans lequel aucun livre de ce catalogue n’aurait pu exister. Longue vie aux PUL et longue vie à l’université publique !
- Accueillir les littératures
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► par Michèle Clément, Membre du comité éditorial des PUL, professeure de littérature française à l’université Lumière Lyon 2
Le visage de la littérature aux Presses universitaires de Lyon ? Ce sont des livres marqués d’un trait jaune. Un peu court ? C’est le coeur battant des PUL depuis l’origine. Littérature française (de Jeanne Flore à Duras), francophone (Taïa) ou mondiale (Cortázar, Nabokov, Sebald), prose autofictionnelle ou poésie, elle irrigue plus d’une douzaine de collections qui ont toutes une histoire liée à Lyon 2.
Aucun hasard si Louise Michel est éditée aux PUL sous l’égide de Xavière Gauthier : l’étude des idéologies et l’étude des femmes y ont été des domaines de recherche pionniers. Gide est un auteur PUL parce que les gidiens, Claude Martin puis Pierre Masson, s’y sont consacrés depuis les années 1980, faisant aujourd’hui des PUL un lieu de référence pour la correspondance de Gide.
La collection « Lire » a été pendant plus de trente ans la colonne vertébrale des recherches en littérature contemporaine : réouvrir les Lire Perros, Lire Bove, Lire Rouaud, c’est reprendre des volumes qui ont marqué des générations d’enseignant.es et d’étudiant.es et ouvert des espaces éditoriaux et critiques. Dans les marges du Lire Calet a paru le Je ne sais écrire que ma vie, édité par Michel P. Schmitt. « Autofictions, etc. » est d’une vivacité incroyable, faisant ressurgir en 2025, grâce à Guillaume Chabat, Le Monstre de Doubrovsky… Là aussi, on court le risque de transformer les PUL en lieu de référence. Le théâtre du xviiie au xxe siècle, étudié singulièrement dans sa dimension sociale et spectaculaire, n’est pas en reste, comme le montre Le Grand Théâtre du bonimenteur d’Agnès Curel dans la collection « Théâtre et société ».
Certains titres, enfin, ont marqué des tournants de la critique et ont eu des résonances internationales : c’est le cas de l’inédit Chantier littéraire de Monique Wittig en 2010 et, vingt ans plus tôt, des deux Rimbaud de Steve Murphy. On lit autrement l’autrice de L’Opoponax avec son Chantier littéraire en main, conscient.e de sa puissance réflexive. On a commencé à lire autrement Rimbaud en 1990, en mesurant le politique encodé dans ses poèmes.
Le visage de la littérature aux PUL, c’est celui de l’humain au moment où l’idéologique, le social et l’intime le dessinent, le lieu de toutes les sciences humaines. Ou, pour reprendre un beau titre de 2000, c’est le lieu où peut s’écrire « Cette erreur qui est la vie ».► Coup de cœur
- Je ne sais écrire que ma vie, Henri Calet, Michel P. Schmitt (éd.)« [Ce livre] en apprendra ainsi autant au néophyte afin de lui permettre d’aimer sans détour l’oeuvre, le personnage et l’écrivain qu’au passionné, assuré de trouver dans ces pages nombre d’inédits. »
– Joseph Ponthus, préface de l’ouvrage, 2021 | ► Axe Accueillir les littératures
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- Écrire l’histoire de Lyon
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► par Monica Martinat, Autrice aux PUL, professeure en histoire moderne à l’université Lumière Lyon 2
L’histoire de Lyon aux Presses universitaires de Lyon, c’est l’histoire d’une ville-carrefour – un carrefour économique, religieux, artistique – et d’une production scientifique à l’image de cette variété. Ainsi, il n’a jamais existé aux PUL de collection spécifiquement dédiée à Lyon et à son histoire : tous les ouvrages traitent de Lyon en pensant au monde.
Dans ces livres, l’histoire sociale est centrale : du lien entre conversions religieuses et migrations au XVIIe siècle aux identités ouvrières du XXe, en passant par la question du divorce durant la Révolution, les attitudes des élites et leurs rapports à la ville au cours des changements de régimes politiques du XIXe siècle (Gouverner Lyon et Incarner Lyon de Justine Tentoni) ou les luttes qui l’animent en profondeur en 1968 (Lyon en luttes dans les années 68 par le collectif de la Grande Côte).
Lyon est une ville ancienne, dont l’histoire peut se reconstituer à partir des matériaux épigraphiques et archéologiques existants, comme le rappelle le Lugdunum d’André Pelletier. La ville est successivement explorée, vécue et racontée par de nombreux étrangers qui y passent ou s’y installent, apportant avec eux leurs traditions et leurs pratiques économiques et culturelles. Dans Lyon vu/e d’ailleurs, Jean-Louis Gaulin et Suzanne Rau rassemblent des études consacrées à ces regards étrangers qui permettent de mieux appréhender son histoire à la lisière du Moyen Âge et de l’époque moderne.
Entre le XIXe et le XXe siècle, une littérature propre voit le jour et raconte à son tour la ville (voir Lyon tel qu’il s’écrit : romanciers et essayistes lyonnais 1860-1940), contribuant à lui donner un visage spécifique. La religion, en particulier le catholicisme, est un trait significatif de la vie sociale et culturelle d’une ville où les institutions confessionnelles sont très actives. Menée par Sarah A. Curtis, l’étude de l’enseignement catholique à Lyon au XIXe siècle devient alors paradigmatique des processus qui marquent la France de cette époque.
Ce siècle occupe une place de choix parmi ces publications : aux mutations sociales et politiques font écho les créations artistiques et architecturales, que ce soit la Porte du Paradis de Lorenzo Ghiberti, conservé aujourd’hui au musée des Moulages de l’université Lumière Lyon 2, ou la production d’Abraham Hirsch, à laquelle Philippe Dufieux a consacré une belle monographie, hommage à un véritable architecte de la République : une fois de plus, Lyon devient exemple d’une histoire qui la dépasse.► Coup de cœur
- Ghiberti à Lyon. La Porte du Paradis, du moulage à sa restauration (1841-2025), Sarah Betite (dir.)« Découvrez le passionnant processus de restauration du moulage de l’oeuvre majeure de la Renaissance italienne, la Porte du Paradis, de l’artiste Lorenzo Ghiberti. Réalisée par l’école des Beaux-Arts de Paris en 1841 et acquise par le musée des Moulages en 1936, cette reproduction était jusqu’alors fragmentée en centaines de morceaux encrassés et abîmés. »
– Site du musée des Moulages, université Lumière Lyon 2, 2025 | ► Axe Écrire l’histoire de Lyon
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- Diffuser les études sur le genre
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► par Manuela Martini, Membre du comité éditorial des PUL, professeure d’histoire contemporaine à l’université Lumière Lyon 2
Si les études sur le genre forment l’un des domaines de prédilection des Presses universitaires de Lyon, c’est qu’elles s’y déploient à la fois comme champ d’analyse à part entière et comme approche transversale.
Aux PUL, on trouve bien sûr les collections « Des deux sexes et autres », « Sexualités » et « Cahiers Masculin/Féminin ». Mais s’y ajoutent les nombreux travaux dans lesquels le genre constitue une clé de lecture essentielle, qu’ils soient publiés hors collection (Filles/Garçons, de la formation à l’enseignement, dirigé par Christine Morin-Messabel, ou Histoire de la papesse Jeanne d’Agostino Paravicini Bagliani) ou dans des collections thématiques (Le Genre en révolution, Maghreb et Moyen-Orient, 2010-2020 dans la collection « Actions collectives » ou Domination et émancipation, un dialogue entre Luc Boltanski et Nancy Fraser, dans la collection « Grands débats »).
Les PUL ont accompagné dès sa genèse les évolutions d’un domaine en pleine effervescence : les recherches pionnières en littérature (La Petite Soeur de Balzac de Christine Planté), en histoire (Quand nos grand-mères donnaient la vie de Françoise Thébaud, récemment réédité) ou pluridisciplinaires (L’Éternel Masculin dirigé par Patricia Mercader et Laurence Tain) vont de pair avec la publication d’états des lieux. L’intensification des études sur le genre en tant que construction sociale, historique et culturelle de la différence sexuelle se traduit en outre depuis le tout début des années 2000 par la création de collections ouvertes aux recherches internationales, la traduction de deux ouvrages signés Jeffrey Weeks en témoigne.
Monographies et ouvrages collectifs dessinent au fil du temps les contours de thèmes forts à la croisée des disciplines : les mouvements pour, et contre, les femmes et le genre (l’emblématique Campagnes anti-genre en Europe, par exemple), la sexualité dans ses formes plurielles, au-delà de la binarité, et la construction des genres (voir le récent Prendre de la hauteur d’Aurélia Mardon) ; la littérature comme lieu de la subversion des normes sexuelles (Le Chantier littéraire de Monique Wittig, paru en 2010 aux PUL, qui a fait date) ; l’histoire des femmes et de la division genrée des rôles dans la famille, l’éducation ou le monde professionnel. Autant de thèmes qui mêlent humanités et sciences sociales, tout comme les recherches et les activités collectives dont elles sont le fruit et la mémoire tangible.► Coup de cœur
- Histoire de la papesse Jeanne. Une enquête au coeur des textes, Agostino Paravicini Bagliani« Comment mieux formuler l’idée viriliste que pour être un homme de pouvoir, comme le pape, il faut en avoir ? [...] Le rapport de genre […] ne contribue pas seulement à garantir la masculinité de l’Église, mais aussi à édifier […] un ordre social et politique dont l’héritage dépasse largement le Moyen Âge. »
– Étienne Anheim, Genre & histoire, juillet 2025 | ► Axe Diffuser les études sur le genre
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- Comprendre les mouvements sociaux
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► par Sophie Béroud, Codirectrice de la collection « Actions collectives » aux PUL, professeure de science politique à l’université Lumière Lyon 2
Le catalogue des Presses universitaires de Lyon témoigne d’un fort intérêt pour le mouvement ouvrier, ses organisations et ses courants de pensée dès les débuts de la maison d’édition.
C’est d’abord l’influence du centre Pierre-Léon qui se fait sentir, avec en particulier la publication de l’œuvre magistrale d’Yves Lequin sur les ouvriers de la région lyonnaise entre 1848 et 1914. L’importance des travaux menés au sein de ce centre, tenant d’une histoire sociale par le bas, contribue à ce que les PUL accueillent des ouvrages sur les syndicats, sur des corporations professionnelles emblématiques, comme le très beau livre de Christian Chevandier sur les ouvriers des ateliers SNCF à Oullins. Le fait que se développe aussi au sein de la jeune université Lyon 2 de premières études sur le genre se traduit dans des publications comme Les Femmes et la question du travail ou le livre de Joceline Chabot, Les Débuts du syndicalisme féminin chrétien en France.
Lancée en 2017, la collection « Actions collectives » se veut l’héritière de cet intérêt scientifique, mais aussi politique, pour la diversité des luttes sociales et des acteurs qui les portent. Inscrite en science politique et en sociologie, elle est également ouverte à des éclairages historiques, comme le montrent l’ouvrage collectif Lyon en luttes dans les années 68 ou celui de Vincent Gay sur les grèves dans les usines automobiles au début des années 1980 (Pour la dignité).
Grâce à cette collection, mais aussi à la collection « Sexualités » qui rend régulièrement compte des luttes menées pour défendre la cause LGBT – avec notamment l’ouvrage consacré à l’histoire d’AIDES –, il s’agit de comprendre l’ensemble des processus protestataires, depuis la mobilisation atypique des Gilets jaunes jusqu’aux révolutions dans les mondes arabes.► Coup de cœur
- Valeur, politique et démocratie aux États-Unis, David Graeber« Attendu depuis longtemps, voilà enfin en français un des textes fondateurs de la pensée de Graeber, accompagné d’un bel appareil critique. Aussi pertinent hier qu’aujourd’hui ! »
– Librairie Le Comptoir des mots, Paris, 2025 | ► Axe Comprendre les mouvements sociaux
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Les Presses universitaires de Lyon vous invitent à plusieurs rendez-vous pour rencontrer leurs auteurs et autrices et discuter de leurs parutions.
► Les temps forts autour de chaque axe♦ 24 mars 2026 : Accueillir les littératuresAmphithéâtre de la MILC, 35 rue Raulin, Lyon 7e Avec Yannick Chevalier, Valérie Favre, Christine Planté, Aurore Turbiau ♦ Juin : Comprendre les mouvements sociaux Bourse du travail, 205 place Guichard, Lyon 3e Avec Sophie Béroud, Baptiste Giraud, Guillaume Gourgues et des acteurs du monde syndical ♦ Novembre : Diffuser les études sur le genre Lieu à préciser Avec le pôle de spécialité Genre de l’université Lumière Lyon 2 ♦ 2 décembre : Écrire l’histoire de Lyon Archives municipales, 1 place des Archives, Lyon 2e Avec Louis Faivre d’Arcier, Bruno Galland, Olivier Zeller |
► Les PUL participeront à 5 salons du livre♦ Magnifique Livre – 27 au 29 marsLyon, Chapelle de la Trinité ♦ Festival du Livre de Paris – 17 au 19 avril Paris, Grand Palais ♦ Village du livre de la Fête de l'Humanité - 11 au 13 septembre Brétigny-sur-Orge, Base 217 ♦ Festival international de géographie – 2 au 4 octobre Saint-Dié-des-Vosges, parc Jean-Mansuy ♦ Les Rendez-vous de l’histoire – 7 au 11 octobre Blois, Halle aux grains |