Le Département d’études arabes et orientales de l’Université Lumière Lyon 2 et son homologue de l’Université Jean Moulin Lyon 3 ont eu le plaisir d’organiser une nouvelle édition du concours de poésie arabe le 2 avril 2026. Voici un aperçu des moments fort de l’évènement.
- Déroulement
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La soirée s’est ouverte avec un discours de bienvenue et la présentation des membres du jury :
Mustafa ALLOUSH, Miloud GHARRAF. Bruno PAOLI, Fatima RGHIOUI.
Les candidats ont ensuite déclamé avec talent des poèmes classiques, modernes ou leurs propres compositions écrites spécialement pour le concours. Une édition marquée par un niveau particulièrement élevé, témoignant de l’engagement littéraire des participants.
À l’issue de chaque passage, les membres du jury ont pris le temps d’offrir un retour individualisé aux candidates et candidats en commentant différents aspects tels que la diction, l’élocution et la présence scénique.
Le public a pu apprécier la participation spontanée d’un membre du jury, qui s’est prêté au jeu en déclamant à son tour un poème.
- Les lauréats
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Malgré la difficulté du choix tant les prestations étaient de grande qualité, les lauréates et lauréats pour la récitation sont :
1. Somaila GUINDO
2. Ayse TEMIZOZ
3. Meriem EDDABI
4. Unzile DOLLER
Pour la composition :
1. Moussa BAMBA
2. Yoro CISS
3. Tasnim EIDI
Ils ont été félicités pour la force de leur écriture, la maîtrise de leur diction et la sensibilité de leur interprétation. - Retour d'expérience de l'organisateur
- Pour cette troisième édition, l’organisateur M. Mustafa ALLOUSH partage son retour d’expérience sur l’évènement :
« Cette troisième édition du Concours de poésie arabe a atteint un record de participation avec seize candidats. Elle a été marquée par une richesse artistique remarquable, s’articulant autour de deux axes complémentaires : l’interprétation de poèmes d’auteurs reconnus et la création poétique originale des étudiantes et des étudiants.
Le premier volet a réuni des participantes et des participants ayant prêté leur voix à de grandes figures de la poésie arabe, explorant une diversité de registres et de sensibilités. Des classiques andalous, tels que « Aḍḥā al-tanā’ī badīlan ʿan tadānīnā » (« L’éloignement a remplacé notre proximité ») d’Ibn Zaydoun, aux poètes modernes et contemporains comme Nizar Qabbani (« Madrassat al-ḥubb » – « L’école de l’amour »), Mahmoud Darwish (« Pense aux autres », « Je suis Joseph, ô mon père », « Inscris : je suis arabe »), ou encore Tamim Al-Barghouti (« À Jérusalem »), les prestations ont traversé les époques et les styles.
Les thématiques abordées ont été tout aussi variées : poésie engagée autour de la cause palestinienne, poésie de résistance et d’identité, mais aussi poésie lyrique et amoureuse avec, par exemple, le poème « Aḥinnu ilayki fa anti al-ḥanān » (« Tu me manques, car tu es la tendresse ») d’Abdelaziz Jouida. À cela s’ajoutent des textes empreints d’humanisme et de réflexion, comme ceux d’Ilya Abu Madi, porteurs d’un message d’espoir et d’optimisme, ou encore des œuvres méditatives et universelles qui interrogent la condition humaine.
Le second volet, véritable nouveauté et grande fierté de cette édition, a mis à l’honneur la créativité des étudiants à travers leurs propres compositions. Six jeunes poètes ont ainsi présenté des textes originaux, témoignant d’une sensibilité aiguë aux enjeux contemporains. Parmi eux, des poèmes poignants tels que « Paroles d’un enfant accusé », qui aborde la question du racisme à travers le regard d’un enfant, ou encore « Une goutte dans l’océan de la souffrance », qui évoque les épreuves humaines et la solitude face à l’adversité.
D’autres textes ont exploré des expériences personnelles et collectives, comme l’exil et le déracinement dans une œuvre écrite à deux voix par un étudiant yéménite et une étudiante syrienne, ou encore la mémoire des conflits et de la destruction, à travers un hommage à la ville syrienne de Homs, dévastée au cours de la révolution. La poésie s’y fait aussi élégie et méditation sur la disparition, interrogeant l’oubli et la trace laissée par les êtres après leur mort.
Cette diversité, entre héritage poétique et émergence de nouvelles voix, entre poésie engagée, lyrique et existentielle, confirme que la poésie arabe demeure un espace d’expression libre et un puissant vecteur de dialogue culturel. Le succès de cette édition témoigne de l’attachement croissant des étudiants à cet événement, devenu un véritable rendez-vous de l’excellence littéraire au sein de l’UFR des Langues. »
M. Mustafa ALLOUSH
Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Berges du Rhône