Publié le 6 juillet 2026 Mis à jour le 7 juillet 2026
le 1 juillet 2026

Le projet PÉRENNIS, coordonné par Laëtitia Mongeard, maîtresse de conférences en urbanisme et chercheuse au laboratoire EVS, est l'un des 14 projets lauréats sélectionnés pour transformer les villes de demain à la suite de l'appel à projets du programme de recherche « Ville durables et bâtiments innovants » (PEPR VDBI).

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Ce projet a été déposé dans la catégorie « trio de thèses » de l'appel proposé par le PEPR VDBI, s’engageant à lancer 3 thèses encadrées par 3 directeurs et directrices différents, de métadisciplines différentes (sciences pour l'ingénierie, sciences du vivant et environnement, sciences humaines et sociales) dont au moins une en SHS et partageant un même objet et/ou question selon des angles de vue différents. Ainsi chaque personne impliquée arrive avec son expertise fine dans son domaine scientifique et la pluridisciplinarité se co-construit aux interfaces.

Objectifs du projet PÉRENNIS

En croisant enjeux environnementaux, économiques et sociaux, le projet PÉRENNIS propose de considérer un objet peu étudié pour penser l'adaptation des villes au changement climatique : l'entretien et la maintenance des infrastructures urbaines et du bâti, qui constituent des leviers essentiels pour assurer leur pérennité et l'adaptation des usages et conditions d'usage. Répondant à un besoin de recherche identifié par le projet TRACES - lauréat du PEPR VDBI en 2024, dont notre Université est partenaire, notamment avec Valérie Pueyo, professeure en ergonomie (IETL / EVS) - et fort de liens scientifiques établis, le projet PÉRENNIS souligne le rôle stratégique de la maintenance dans la transition écologique et questionnera les formes de savoir, de gouvernance et d'innovation qui la sous-tendent. Les partenariats engagés, notamment avec la Ville de Villeurbanne, reposent sur des objectifs opérationnels associés : mieux former les agentes et agents à la maintenance, diffuser des pratiques adaptées auprès des usagers et usagères, faire évoluer la maintenance du patrimoine vers des pratiques low-tech pouvant être prises en compte dans les rénovations ou constructions à venir.
 
Maîtresse de conférences en urbanisme et membre du laboratoire Environnement, ville, société (EVS), Laetitia Mongeard pratique une géographie sociale et urbaine avec une expertise dans la problématique des déchets. Elle s’intéresse à ces objets métaboliques, au cœur de la fabrique urbaine et émergeant sur la scène de l’action publique, par une démarche de forte proximité avec les acteurs de la production urbaine.
 

Sujets des trois thèses

Chaque thèse dispose d'un terrain spécifique mais les entrecroisements assurent les relations entre les thèses. Alors que la première considère l'entretien des bâtiments comme une pratique socio-technique sous-tendue par des infrastructures sociales, la deuxième interroge la continuité du service dans les infrastructures urbaines, et la troisième examine les dépendances techniques, organisationnelles et matérielles associées aux modèles contemporains de maintenance. 
 
► Infrastructures sociales formelles et informelles pour l'entretien du bâti ordinaire
LLa première thèse s'ancrera dans un terrain lyonnais et villeurbannais avec un échantillon de bâtiments croisant typologie d’usages et contextes d'urbanisation : bâtiments publics présentant différentes configurations patrimoniales, logements aux profils variés (pavillonnaires, collectifs, sociaux, réhabilités...).
Cette thèse a pour objectif de documenter et comprendre les pratiques d'entretien des bâtiments, professionnelles et réalisées par les différents usagers et usagères. Ces pratiques sont présupposées garantes de la pérennité et de l’adaptation du bâti par les soins qui lui sont accordés. La thèse s'intéressera à la continuité de soin assurée entre pratiques professionnelles, normes et savoir-faire techniques d'une part et « bricolage » et actions individuelles d'autre part, continuité bien souvent invisibilisée et ignorée des pouvoirs publics.
► Transformations de la gestion des infrastructures urbaines en contexte de pression climatique
Cette thèse sera déployée sur deux terrains pré-identifiés pour leur exposition multiple aux aléas climatiques, où l'enjeu de la maintenabilité du réseau et de la continuité du service sont plus prégnants : l'agglomération niçoise et l'agglomération lorientaise. Ces deux cas français seront mis en perspective avec celui d'Urbino en Italie, où la question de l'adaptation des infrastructures au stress hydrique et aux difficultés d'approvisionnement en énergie se joue à l'échelle d'une petite ville en contexte protegé (Unesco).
La thèse considèrera les implications d'une approche "resource-sensitive" dans les pratiques professionnelles des opérateurs et dans les modèles économiques et territoriaux des gestionnaires d'infrastructure. L'hypothèse est que les pressions climatiques poussent à une reconsidération de l'existant, et fait de l'entretien et de la maintenance des infrastructures une question centrale pour assurer la pérennité de l'infrastructure et la continuité du service rendu, qu'il soit électrique, gazier ou d'eau. L'enjeu est de voir dans quelle mesure les pressions climatiques font émerger plus fortement la question de la maintenabilité dans la gestion des infrastructures.
► Solutions de gestion des dépendances pour une maintenance low tech
Afin de pouvoir comparer des bâtiments dédiés à un même usage mais relevant de gestions patrimoniales distinctes et inscrits dans différents contextes territoriaux, les terrains de la troisième thèse porteront sur un échantillon de bâtiments tertiaires publics dédiés à des fonctions d'enseignement : l'Ecole nationale des Mines de St Étienne, le bâtiment de l'École nationale supérieure de la Police (ENSP)  à St Cyr au Mont d'Or (69), un autre bâtiment du réseau Écoles des Mines, deux écoles de Villeurbanne et les collèges du département de Seine St Denis (communs projets TRACES). 
L'objectif de cette thèse est de caractériser les apports d'une approche low-tech pour maîtriser, sinon réduire, les différentes formes de dépendances associées à la maintenance des bâtiments. Ces dépendances seront identifiées grâce aux terrains ethnographiques des deux autres thèses. Elles pourront concerner les techniques, pratiques, outils et réseaux en lien avec la maintenance.

Animation et livrables

Afin d'offrir un contexte scientifique stimulant aux jeunes chercheurs et chercheuses et d'articuler les recherches à leurs résultats opérationnels, l'animation sera structurée par un double fil conducteur : 
  • le développement d'un jeu sérieux destiné aux acteurs de la maintenance - gestionnaires, opérateurs, particuliers - afin de favoriser l'appropriation des résultats et d'accompagner des pratiques de maintenance sobres et durables ; 
  • l'expérimentation des préconisations produites par la recherche dans la gestion d'un bâtiment du patrimoine de l'ENSP en lien avec le centre opérationnel « Modelling Initiative for Sustainable City and Innovative Buildings (MISCIB) / Initiative en modélisation pour la ville durable et les bâtiments innovants » (COMISCIB)
Le suivi du projet sera assuré par un comité de pilotage composé des partenaires scientifiques et non académiques.
Quatre événements annuels sont prévus, articulés à la production des livrables et ouverts à la communauté VDBI et au-delà: deux journées d'études thématiques, une école d'été et un colloque international.

Le projet PÉRENNIS en bref

► Période
2026 - 2029
► 3 thèses
2 en génie civil dont une en convention industrielle de formation par la recherche (Cifre) et 1 en géographie sociale.
► Terrains
Lyon-Villeurbanne, Lorient, Nice, département Seine St Denis, St Étienne, Urbino.
► Mots clefs
Maintenance ; entretien ; adaptation ; bâtiment ; infrastructure.
► Disciplines convoquées
sciences de l'environnement ; géographie ; aménagement ; génie civil ; architecture ; sciences de l'ingénieur ; études des sciences et techniques ; urbanisme
► Partenariats
École nationale supérieure de police (ENSP) ; Le Rize ; Projet TRACES (PEPR VDBI) ; Ville de Villeurbanne ; Département de Seine St Denis ; Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) ; Est Métropole Habitat ; EODD ingénieurs conseils.

Informations pratiques

Partenaires

► Projet sélectionné dans le cadre du programme de recherche« Ville durables et bâtiments innovants » (PEPR VDBI)
 
Laboratoire EVS - Environnement, ville société
 
► À propos du PEPR « Ville durable et bâtiments innovants »
Financé dans le cadre du plan « France 2030 » à hauteur de 40 millions d’euros, et co-piloté par l’Université Gustave Eiffel et le CNRS, le PEPR VDBI vise à développer une communauté associant la recherche et les acteurs de l’urbain pour trouver de nouvelles modalités de « faire ensemble » au service de la durabilité des villes.
Il regroupe désormais 3 centres opérationnels et 22 projets de recherches financés. 
 
Piloté par :
 

Financé par :
 
Opéré par :


Contact

Laëtitia Mongeard, maîtresse de conférences en urbanisme, chercheuse à EVS :