Mise à jour le 13 mai 2026
Publié le 13 mai 2026 – Mis à jour le 13 mai 2026
Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) sont désormais adoptées par de nombreuses villes pour lutter contre le changement climatique et la destruction de la biodiversité. Le projet SONAR@Lyon vise à comprendre les risques et bénéfices associés à leur déploiement sur la santé humaine, animale et environnementale, en vue de guider l’action publique sur le territoire lyonnais.
▌ Qu’est-ce que les SfN ?
Les villes sont confrontées à de nombreux changements globaux : changement climatique, effondrement de la biodiversité, pollution de l’air, etc. Pour y faire face, elles ont de plus en plus recours aux SfN dont l’ambition est d’apporter des réponses à ces défis majeurs. Par exemple, la désimperméabilisation des sols urbains permet à la fois de limiter le ruissellement, de désengorger les réseaux d’évacuation et de traitement des eaux usées ou encore de redonner vie aux sols, tandis que la plantation d’arbres ou la restauration de prairies en ville permettent d’atténuer les conséquences des îlots de chaleur.| Les SfN visent aussi à favoriser la biodiversité, en créant des zones d’habitat pour la faune et la flore, ou en renforçant les connexions entre les habitats existants. D’après l’UICN (l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature), les SfN sont des actions qui s’appuient sur le fonctionnement des écosystèmes et qui doivent fournir des bénéfices pour la biodiversité et les êtres humains. |
La nature, risque ou solution ?
| ► La première hypothèse considère que certaines espèces, comme les moustiques, les rongeurs (ex. ragondins, rats), vecteurs ou hôtes de pathogènes pour l’être humain, pourraient voir leur population augmenter avec l’implantation des SfN. ► Une seconde hypothèse considère que le développement des SfN permet aussi à certains prédateurs de se développer et diminue ainsi les risques sanitaires : par exemple, en favorisant le retour des oiseaux qui se nourrissent d’insectes comme les moustiques. Dans le même temps, les enjeux liés à l’implantation et au développement de la nature en ville deviennent de plus en plus prégnants. Il apparaît essentiel de mieux comprendre l’impact de la mise en place de ces SfN sur la biodiversité et la santé humaine et de réfléchir à la façon dont les habitantes et habitants perçoivent ces enjeux. |
Des représentations différenciées de la nature
| ► Le premier volet du projet est d’étudier comment les habitantes et habitants de Lyon perçoivent ces nouvelles approches de gestion et d’aménagement des espaces verts. Ces dernières années, le passage à une gestion différenciée des espaces verts urbains, en limitant par exemple les tontes afin de laisser des prairies hautes se former, a déjà fait l’objet de controverses en bouleversant certaines normes d’esthétique ou d’usage liées à ces espaces. Afin de mieux comprendre le positionnement des Lyonnaises et Lyonnais sur ces questions, des enquêtes vont être conduites dans différents sites : les parcs Sergent Blandan et de la Cerisaie, le parc Chazière, ainsi que le jardin aquatique Ouagadougou et le jardin d’Erevan. Elles s’appuient sur l’observation et l’analyse des usages au sein de ces sites, ainsi que la perception des enjeux sanitaires posés par les SfN. Elles étudient aussi les relations pratiques et affectives des usagères et usagers. Ces analyses ont pour ambition d’alimenter, in fine, les réflexions sur l’action publique. ► Le second volet de cette recherche est d’analyser les logiques de gestion des espaces verts et les connaissances des parties prenantes impliquées (scientifiques, politiques, aménageurs et aménageuses, usagères et usagers) en confrontant leurs représentations. Pour cela, des ateliers et des entretiens individuels permettront d’explorer la complémentarité ou l’opposition entre ces différents types de connaissances. L’identification des représentations (consensuelles ou conflictuelles), des enjeux et des pratiques spécifiques à chaque actrice et acteur, nous permettra d’alimenter la conception de l’outil d’aide à la décision destiné à éclairer l’action publique. Cet outil donnera, à terme, la possibilité de mieux visualiser et anticiper les conséquences des projets d’aménagements selon les interdépendances entre les trois santés du One Health, tout en tenant compte des enjeux politiques, sociaux et culturels. |
« Photographes en Rhône-Alpes », auteur Dominique Chanut
Rédaction
| Article de • Julien Cottin, post-doctorant en psychologie sociale et environnementale • Alexis Leroy, post-doctorant en psychologie sociale • Sabine Caillaud, maîtresse de conférences (HDR) en psychologie sociale • Valérie Haas, professeure de psychologie sociale // Laboratoire GRePS, Université Lumière Lyon 2 |