Des chercheuses et chercheurs venus de sept pays croisent leurs analyses de terrain pour éclairer une question : à quelles conditions les villes peuvent-elles favoriser des sociétés plus démocratiques ? Au sein de l’université, une équipe s’est engagée dans cette comparaison internationale, motivée par un même souci : produire des savoirs utiles pour penser et façonner des villes plus justes.
▌ Mener une recherche sur trois continents
Le projet Participation in the city (Par-City) étudie comment les innovations participatives urbaines, qui se déploient au coeur des villes, transforment la démocratie, la gouvernance et la confiance des citoyennes et citoyens dans les institutions. Mené de 2024 à 2027, il réunit vingt-cinq chercheuses et chercheurs en géographie, urbanisme, science politique et sciences de l’information de la communication.| Cette collaboration de recherche est coordonnée par Sam Halvorsen, professeur de géographie au sein de la Queen Mary University (Royaume-Uni). Elle a été sélectionnée par la Trans-Atlantic Paltform, un réseau international de financement de la recherche en sciences humaines et sociales, et réunit six équipes universitaires à travers le monde : Brésil, Pologne, Canada, États-Unis, Afrique du Sud, France. L’équipe française est coordonnée par Guillaume Gourgues, chercheur au laboratoire Triangle de l’Université Lumière Lyon 2, et composée de Marion Lang, Hélène Balazard et Jessica Sainty, chercheuses en science politique. |
| Sept villes servent de cas d’étude : Buenos Aires, Cape Town, Lyon, New York, Sao Paulo, Toronto, Varsovie. Pour chacune d’entre elles, des « Innovations Participatives Urbaines » (ou Urban Participatory Innovations / UPI) ont été identifiées : celles-ci constituent le coeur des enquêtes comparatives. La recherche s’articule autour de trois questions : comment les UPI remodèlent-elles le pouvoir, l'autorité et les conflits dans les villes, comment ces innovations font-elles face aux inégalités, et comment leur définition et leur mise en pratique s'articulent-elles entre les différentes zones géographiques ? Ci-contre : Manifestation contre Elon Musk et DOGE à Manhattan, New York, USA, 29 mars 2025 (Shutterstock) |
Relever les défis d’une comparaison internationale
| L’équipe française, qui pilote la comparaison des budgets participatifs, compare les villes de Lyon, New-York, Sao Paolo et Varsovie. Elle participe aussi à l’étude des alliances locales, à travers une enquête sur les formes d’organisation des citoyennes et citoyens à Villeurbanne. Par ailleurs, l’ambition de la collaboration est de tisser un réseau vivant de savoirs et d’expériences de terrain : chaque mois les équipes se retrouvent en ligne pour partager leurs enquêtes et organiser des rencontres en présentiel (ex. atelier sur les budgets participatifs à Paris en 2025). C’est ainsi que se fabriquent la recherche comparée et la coopération internationale. |
Coopérer pour penser les villes de demain
La comparaison internationale du projet Par-City poursuit deux objectifs. Elle implique tout d’abord de ne pas procéder à une analyse exhaustive fondée sur la comparaison de tous les résultats : ces vastes études croisées sont certes généralement valorisées mais leurs résultats restent souvent vagues. En se focalisant sur des cas d’études regroupés, l’ambition est d’apporter des contributions significatives aux débats académiques liées à la démocratie dans son sens large, qu’il s’agisse de participation citoyenne, de mouvements sociaux, de transparence du gouvernement, et d’initiatives visant à faire reculer les inégalités sociales. L’attention particulière portée aux innovations participatives urbaines vise ainsi à éclairer des débats spécifiques et à apporter des contributions concrètes sur la base de plusieurs comparaisons ciblées.
Parallèlement aux colloques et aux réseaux informels, le maillage de ces intérêts communs est un enjeu primordial pour apporter une contribution scientifique globale, capable d’alimenter les réflexions et les pratiques de celles et ceux qui tentent de penser et façonner les villes plus justes et plus démocratiques de demain.
► Chercheuses associées au projet• Marion Lang, post-doctorante en science politique (Triangle, Université Lumière Lyon 2)• Hélène Balazard, chercheuse en science politique (EVS, ENTPE) • Jessica Sainty, maîtresse de conférences en science politique (JPEG, Université d’Avignon) |
Rédaction
Article de Guillaume Gourgues, maître de conférences en science politique, Laboratoire Triangle, Université Lumière Lyon 2