Publié le 2 février 2026 Mis à jour le 2 février 2026
le 25 février 2026
Hors les campus
de 18h15 à 19h

Conférence de Tecla Raynaud, doctorante en sociologie au Centre Max Weber, dans le cadre des rencontres du théâtre de l'Elysée.

Dans de nombreux discours, les pratiques artistiques participatives constituent un horizon d’espoir démocratique et une voie de réconciliation entre l’art et sa vocation sociale, remettant en cause le génie créateur par la création collective, devenue une nouvelle promesse d’émancipation. Ces pratiques sont plébiscitées par les politiques culturelles, enjoignant les artistes à s’inscrire dans la multiplicité de dispositifs participatifs portés par l’action publique.

Cependant, nombreuses sont les institutions culturelles qui entretiennent des rapports équivoques avec ces pratiques, les laissant bien souvent à leurs seuils, rejetant en elles les pratiques artistiques non-professionnelles. Les artistes se trouvent ainsi pris·es entre cette injonction à la participation émanant des politiques culturelles, le mépris de ces pratiques dans les mondes des arts visuels institutionnalisés, et leurs propres représentations et rapports au travail artistique. Dans ce contexte, ces artistes jouent avec la participation en l’intégrant ou en la maintenant aux frontières de leur pratique. Et en revendiquant l’intérêt de ces pratiques par un discours centré sur l’idée du « rôle social » qu’elles leur confèrent, ces artistes parviennent à concilier différents registres de valeurs, esthétiques, sociales ou politiques, liés à leur travail.
 
La thèse de Tecla Raynaud est centrée sur les pratiques participatives dans les arts visuels et contemporains, et leurs effets sur les artistes. Au croisement de travaux en sociologie du travail artistique et de travaux en science politique sur la participation, elle cherche à comprendre la façon dont cette participation s’insère dans les pratiques des artistes, et les fonctions qu’elle y joue. Les questions centrales de sa thèse sont les suivantes : qui sont les artistes qui font du participatif aujourd’hui ? Et comment est-ce que ces artistes jonglent avec ces injonctions à la participation : ces pratiques faisaient-elles déjà partie de leur paysage esthétique au moment de leurs études, ou se sont-elles peu à peu développées ? Ces pratiques sont-elles envisagées comme intrinsèques à leur travail artistique, ou séparées de celui-ci ? Quels sont les discours construits autour de ces pratiques ? Qu’est-ce que la participation et les contextes dans lesquels elle s’insère fait à leur travail et à leurs compétences ? Il s’agit par là de comprendre les typologies de participation mises en place, les formes de justifications qui les accompagnent, et les stratégies professionnelles déployées en fonction des contextes, des partenaires et des financements. Pour comprendre ces enjeux, elle fait du terrain en suivant des artistes lors de leurs interventions, et mène des entretiens avec des artistes dans toute la France.

► Mots clefs : Art participatif, co-création, travail artistique, art socialement engagé, sociologie du travail, participation

L'entrée est libre et gratuite (sans réservation).

Le Théâtre de l’Élysée propose de découvrir les travaux de jeunes chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales. Un mercredi par mois à 18h15, en écho avec la programmation du théâtre, doctorantes, doctorants, jeunes docteurs et docteures viennent présenter leur recherche en cours. → Calendrier prévisionnel

Informations pratiques

Lieu(x)

Hors les campus

Théâtre de l'Élysée, 14 rue Basse-Combalot - Lyon 7e