Publié le 23 février 2026
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Mis à jour le 17 mars 2026
le 20 mars 2026
Campus Berges du Rhône
de 11h à 13h
Intervention de Camille Froidevaux-Metterie, philosophe et professeure de philosophie (université de Reims), autour de l'ouvrage collectif qu'elle a dirigé "Théories Féministes" (Seuil, 2025) dans le cadre de la séance croisée du séminaire de l'axe "Études sur le genre, théories féministes, approches intersectionnelles" du laboratoire Passages Arts & littératures (XX-XXI) et du séminaire “Rencontres du genre” de l’axe genre de la MSH
► Accès direct : résumé de l'intervention | courte biographie de Camille Froidevaux-Metterie | formulaire d'inscription
Être philosophe, quand on est une femme, c’est prendre à rebours des siècles d’entre-soi masculin de la pensée pour tenter de faire entendre sa voix et se forger une légitimité. Être féministe, quand on est une femme philosophe, c’est s’attaquer aux racines de cette exclusion en retournant la tradition philosophique comme un gant.| Sur le plan de la méthode, il s’agit de rejeter la posture de surplomb du philosophe-individu évoluant dans le ciel des idées, très au-dessus du sol, pour défendre une démarche de pensée collective enracinée dans les expériences vécues singulières et valorisant l’écriture en première personne. Sur le plan des objets, il s’agit d’élever à la dignité philosophique des thématiques ordinaires, matérielles, incarnés, pour en démontrer la nature intrinsèquement politique. La philosophie féministe se saisit de tout ce qui avait été jusque-là relégué du côté de l’indigne, et donc de l’impensable : le corps et les émotions, la nature et le vivant, l’infériorisation et l’oppression des femmes et des personnes « féminisées ». La démarche de phénoménologie féministe que Camille Froidevaux-Metterie met en œuvre s’inscrit dans cette perspective de renouvellement épistémologique et conceptuel. À partir de Simone de Beauvoir qui a inauguré la phénoménologie féministe, et de Iris Marion Young qui l’a augmentée de l’approche par le genre, Camille Froidevaux-Metterie pense les dimensions incarnées de la vie des femmes sous le double aspect de leur objectivation-aliénation et de leur libération-réappropriation. Pour ce faire, elle pratique une méthode d’enquête phénoménologique consistant à recueillir des récits de soi au prisme du thème étudié (les seins, la grossesse, le vieillissement). Camille Froidevaux-Metterie en donnera une illustration en évoquant ses recherches en cours sur la nécessité de repenser les âges de la vie, et spécifiquement le tournant de la cinquantaine qui marque un paroxysme de sexisme doublé d’âgisme. |
Ses recherches en phénoménologie féministe portent sur les corps des femmes saisis entre objectivation-aliénation et émancipation-réappropriation.
| Elle est notamment l’autrice de La révolution du féminin (Gallimard, 2015), Seins. En quête d’une libération (Anamosa, 2020), Un corps à soi (Seuil, 2021) et Un si gros ventre. Expériences vécues du corps enceint (Stock, 2023). Elle a dirigé l’ouvrage collectif Théories féministes qui réunit une centaine de chercheurs et chercheuses pour 130 textes sur les concepts, courants et autrices féministes (Seuil, 2025). Elle a aussi écrit le texte de la pièce chorégraphique de Marie Barbottin À l’aune de leurs peaux qui met au plateau cinq danseuses de 50 ans (création 2026). Enfin, elle est l’autrice d’un premier roman, Pleine et douce (2023), et d’un prochain à paraître en 2027. |
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Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Berges du Rhône
Salle Léonie Villard
Contact
Bérénice Hamidi, professeure en esthétiques et politiques des arts vivants - Université Lumière Lyon 2 / Laboratoire Passages Arts & littératures (XX-XXI) :
berenice.hamidi@univ-lyon2.fr