Publié le 23 mars 2026
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Mis à jour le 2 avril 2026
le 1 avril 2026
En écho à la journée « One Health en Action » du 8 avril 2026, en marge du « One Health Summit ». Entretien avec Dulce Ferraz, professeure juniore de psychologie Sociale (Université Lumière Lyon 2 / RESHAPE Inserm U1290)
| Elle est également enseignante-chercheuse associée au sein du master Politiques publiques de santé à la Fiocruz Brasília, et éditrice exécutive de la revue Global Public Health, revue scientifique internationale dédiée à la santé publique, qui publie des travaux intégrant notamment les dimensions sociales et culturelles des enjeux de santé mondiale. |
Entretien avec Dulce Ferraz
► Pour commencer, pourriez-vous définir simplement ce qu'on appelle One Health ?
| D. F. : « Si on parle le plus souvent de One Health (OH), il existe d'autres concepts tels que "une seule santé" (USS), "santé planétaire", "éco-santé" ou encore "santé durable". Tous désignent des approches basées sur la reconnaissance que la santé des humains, des animaux, des plantes, ainsi que de l’environnement au sens large, est étroitement liée et interdépendante. Cette perspective intégrée nous incite à réfléchir à des manières de favoriser un équilibre durable entre la santé de toutes les espèces de l'ensemble du vivant et de faire face aux menaces pesant sur la santé et les écosystèmes. Cela implique un travail fortement interdisciplinaire et la mobilisation de multiples secteurs et communautés. » |
► Quel est le projet scientifique pour lequel vous avez été recrutée il y a un peu plus d'un an ?
| D. F. : « Le volet recherche de la chaire explore les possibilités de contributions mutuelles entre la psychologie sociale de la santé et les approches One Health. Il s'articule autour de deux axes d'action : ♦ le développement de nouveaux projets internationaux de recherche dans la perspective One Health ; ♦ Intégration et collaboration au sein des initiatives One Health développées à Lyon et en France. 1 ► Une étude intitulée "Pandemic preparedness at the local level: Examining the local capacity of Communities to respond to infectious disease Outbreaks in the Brazilian Amazon - the ECO-Amazon Study" que nous menons en partenariat avec l’Instituto Juruá et l’Instituto Nacional de Pesquisas da Amazônia (INPA). Ce projet s’inscrit dans un enjeu majeur de santé mondiale : la préparation au risque de crises sanitaires liées aux maladies infectieuses émergentes (MIE). Cette problématique s’est intensifiée à la suite de la crise sanitaire et humanitaire provoquée par la COVID-19 et s’inscrit dans un contexte plus large de changements globaux. 2 ► L’intégration dans l’écosystème One Health lyonnais et national s’est structurée à plusieurs niveaux : au sein de l’équipe RESHAPE ; par un rapprochement avec le projet SHAPEMed@Lyon ; à travers la participation aux initiatives One Health portées par la Ville de Lyon (ex. contribution au réseau européen URBACT “One Health 4 Cities” et au Contrat Local de Santé) ; et, plus largement, par l’implication dans des réseaux nationaux des chercheurs et chercheuses One Health (ex. participation au réseau France One and Global Health). » |
► Qu'en est-il du volet pédagogique ?
| D. F. : « J'assure des heures d'enseignements relevant de la psychologie sociale de la santé, de la licence au master, principalement réparties au sein de l'Institut de psychologie de Lyon (IPsyL) et à l'Institut des sciences et pratiques d’éducation et de formation (ISPEF), dans le cadre de formations mutualisées, notamment au sein du master Promotion et éducation pour la santé. J'interviens aussi au sein du parcours Santé, Vieillissement du master de Sciences sociales, avec lequel l’équipe de psychologie de la santé collabore régulièrement. J'ai également assuré des enseignements dans deux masters rattachés à la mention Santé Publique de l’Université Claude Bernard Lyon 1 : le M2 International One Health – Managing Health of Populations et le M2 Santé mondiale. J'ai également accompagné et suivi des étudiantes de master pour l'encadrement de leur stage et/ou leur mémoire de master 2. À la demande de la Direction des Relations internationales de l'Université Lumière Lyon 2, j'ai coordonné les activités d’enseignement du projet ILIADE – Innovation par les pLantes et l’Intelligence Artificielle pour l’InDe et la France, notre établissement étant responsable du module “Global Health”. Enfin, depuis novembre 2024, je co-dirige la thèse de Mathilde Font-Crespo, « Préparation aux urgences sanitaires dans la région du Médio Juruá: explorer le rôle de la perception du risque et des ressources disponibles à travers une approche One Health et communautaire ». Cette thèse est réalisée dans le cadre de l’EID@Lyon, École Universitaire de Recherche (EUR) du programme France 2030, coordonnée par l’Université Claude Bernard Lyon 1, qui finance également le contrat doctoral pour une durée de trois ans, et également dans le cadre d’un accord une co-tutelle internationale que nous avons pu établir avec l’INPA. » |
► Quelles perspectives en 2026 ?
| D. F. : « En plus de la poursuite des activités scientifiques et pédagogiques dont nous venons de parler, un colloque international est organisé à Lyon les 22 et 23 juin 2026, grâce au soutien de la Direction de la recherche et des écoles doctorales de l'Université, via la subvention aux manifestations scientifiques, et de plusieurs autres partenaires, comme SHAPE-Med, Instituto Juruá, Fundação Oswaldo Cruz, en plus de notre laboratoire RESHAPE. Il s'intitule « Vers une approche One Health inclusive : transdisciplinarité et savoirs communautaires face aux défis des maladies infectiueses émergentes », le colloque a pour objectifs : ♦ explorer les contributions épistémiques et méthodologiques des sciences sociales aux approches One Health ; ♦ intégrer les approches communautaires et décoloniales aux études sur des MIE dans las perspective One Health ; ♦ engager les chercheurs et chercheuses de diverses disciplines dans les défis de faire face aux MIE et au rôle clé des sciences sociales dans la recherche en santé ♦ initier des étudiants issus de divers horizons aux approches One Health et aux défis de MIE. » |
Informations pratiques
Partenaires
La chaire de professeure juniore bénéficie d'une aide de l’État gérée par l'Agence Nationale de la Recherche portant la référence n° ANR-23-CPJ1-0056-01.
Contact
Dulce Ferraz :
d.ferraz@univ-lyon2.fr