Publié le 24 juillet 2026 Mis à jour le 24 août 2026
le 8 juillet 2026

François-Xavier Lalèyê, docteur vétérinaire et doctorant en sciences de l'éducation au laboratoire Éducation, Cultures, Politiques (ECP), a participé au dispositif Pop’Sciences Jeunes (formation et rencontres avec élèves de collèges et lycées). Retour sur son expérience.

À 47 ans, Francois-Xavier Lalèyê est docteur vétérinaire, ancien interne et anesthésiste grand animaux. Il est actuellement en deuxième année de doctorat en sciences de l’éducation et de la formation sous la direction du professeur Stéphane Simonian (Université Lumière Lyon 2) et du professeur Pierre Bruyère de VetAgra Sup, au sein de l'école doctoral EPIC et du laboratoire Éducation, Cultures, Politiques (ECP). Ses travaux portent sur l’utilisation de l’apprentissage par la simulation procédurale dans la formation des étudiantes et étudiants vétérinaires.

Francois-Xavier Lalèyê a suivi en février et mars 2026 la formation à la communication scientifique écrite et orale proposée par le dispositif Pop'Sciences. Elle allie théorique (une journée et demie de formation avec des professionnels de la médiation scientifique) et pratique (rencontres dans des collèges et lycées de la Métropole de Lyon et du Rhône au printemps), mobilisant ainsi les compétences de médiation et vulgarisation scientifique. Notez que la prochaine session est déjà programmée les 19 octobre et 5 novembre 2026 (→ inscription jusqu'au 12/10).

 

Partage d'expérience

Les rencontres consistent en un moment d'échange en petits groupes entre des doctorantes et doctorants de différents domaines scientifiques et des élèves de l'académie de Lyon de découvrir le monde des études supérieures et la diversité de la recherche.
 
► Pourquoi avoir suivi cette formation ?
F.X. L. : « D’une façon générale, je pense que les jeunes ont besoin de modèles pour construire leurs rêves et se construire ensuite. Leur présenter des modèles concrets, accessibles, des parcours de vies de personnes qui ont pu "y arriver" et auxquelles chacune et chacun peut s'identifier, c’est augmenter leur source d’inspiration et les aider à trouver leur voie. C’est le travail que fait Pop’Sciences et c’est quelque chose qui m’a toujours intéressé. »
► Aujourd'hui, dans votre quotidien de jeune chercheur, que retenez-vous de cette formation ?
F.X. L. : « La formation de Pop’Sciences et les différents retours de l'équipe me servent déjà lorsque je présente mon travail de recherche à des profanes. Le public ciblé (adolescentes et adolescents, futures étudiantes et étudiants) me changent de mon public habituel, ce qui m'offre la possibilité d’intéresser des personnes de cette tranche d’âge à ce que je fais.
Bien que préparant plus particulièrement à intervenir auprès d'un public scolaire, cette formation m'a permis de prendre du recul. En effet, même si j'avais déjà une certaine pratique, elle m'a aidé à reconsidérer le contenu de mon discours. Avec des élèves de collèges et de lycées, je veille davantage à rendre mon propos compréhensible. Ayant l'habitude de parler dans mon milieu de travail auprès de personnes relevant plus ou moins de mon domaine, certaines expressions ou formulations me viennent naturellement, alors qu'elles n'auront pas le même sens pour les élèves. Il convient alors soit de les éviter, soit de prendre le temps de les expliquer et de s'assurer que le public parvient à suivre et à comprendre. »
► Comment s'est déroulée votre participation aux rencontres avec des scolaires ?
Francois-Xavier Lalèyê échange avec des élèves à Belleville-en-Beaujolais (mars 2026)
F.X. L. : « Ma première rencontre était top ! Mon premier groupe d’élèves à réussi à me faire rapper, ce que je n'avais pas fait depuis au moins 23 ans. Elles sont arrivées avec une motivation et une énergie très positive. Dans l’ensemble tout s’est très bien passé et même avec les groupes plus réservés ou plus passifs au premier abord, j’ai pu les faire réagir et repartir avec une certaine satisfaction. Mon objectif n’était pas de brider ou de censurer leurs propos mais plutôt d’accompagner et de montrer toujours le côté positif. Par exemple, un groupe d’élèves qui manquait clairement d'envie a voulu me déstabiliser. À la question « Que voulez-vous faire plus tard ? Avez-vous une idée ? », un garçon m’a répondu « coiffeur » avec un regard de défi plein de sous-entendu. Cela m’a surpris car en général, la majorité répondait ne pas avoir encore d’idée. Je leur expliquais qu’à ce stade ce n’était pas grave et même plutôt naturel, qu’il leur restait du temps pour réfléchir et que l’important est de suivre une voie qui nous intéresser pour pouvoir fournir l’investissement nécessaire. Une petite minorité avait déjà une idée précise de leurs futures professions, ces dernières étant assez classiques du genre médecin, avocat, pompier… Pour en revenir à mon « coiffeur », sur le moment je lui ai répondu : « … d’accord, coiffeur, c’est bien ». Puis j’ai repris en lui disant : « coiffeur ? Mais c’est très bien ! Est-ce que tu as une idée de combien gagne les coiffeurs des stars ? ». Cela l’a visiblement surpris que je le prenne sérieux sans chercher à le détourner de son choix. Très vite tout le groupe s’est impliqué et nous avons discuté un moment autour de ce sujet. J'ai conclu cet échange en soulignant que quelle que soit la voie choisie, je leur souhaitais de s'y investir pleinement de d’aller le plus loin possible. »
► Pour les rencontres auprès des élèves, l'équipe de Pop'sciences demande à chaque doctorante et doctorant d'apporter un objet en lien avec son sujet de thèse. Qu'avez-vous choisi de présenter ?
F.X. L. : « J’ai apporté plusieurs objets, essentiellement des figurines dont mon bureau déborde. Ainsi, à partir d’un lion en 3D, ils doivent deviner de quel pays africain je suis originaire parmi les trois ayant le lion comme emblème. Ensuite, je pose sur la table un crocodile, un âne, un chien et une figurine de Pumba (le phacochère du film d'animation Le Roi Lion) afin de leur faire deviner mon métier. Si la bonne réponse n'a pas été proposée, j'ajoute une figurine de médecin. J’avais aussi des LEGO®, un modèle de dragon barbu..., bref plusieurs objets pour reconstruire mon univers de travail. Mon objectif était de représenter ce que je fais et non de présenter ce que je fais, le tout dans une atmosphère ludique. Il était pour moi évident d’adopter une approche décalée et diverstissante comme l’intégration de Pumba par exemple dans mes figurines. »
► Vous vous souvenez du métier auquel vous songiez lorsque vous étiez élève en collège ou lycée ? Et une personne a-t-elle inspiré votre choix de carrière ?
F.X. L. : « Entre 7 et 12 ans, j’hésitais entre médecin ou vétérinaire. C'est à la suite d'une rencontre avec des étudiants vétérinaires amis de mon grand frère et venus passer les vacances de printemps chez nous lorsque j'étais âgé de 12 ans que j’ai décidé de devenir vétérinaire. Depuis je n’ai jamais dévié ni regretté ce choix. Le basculement de la clinique à l’enseignement et la formation a constitué une évolution naturelle un peu plus tard, lorsque j’ai découvert que j’appréciais que mes collaborateurs comprennent mes explications et que celles-ci étaient accessibles et appréciées. J'ai alors augmenté mon volume de formation au détriment de mon volume d’intervention clinique car je suis parti du postulat que, si je peux soigner 100 animaux par mois, 10 vétérinaires bien formé pourront ensemble en soigner 1 000 ! Compte tenu de l’importance capitale de la formation et du manque de ressources, je me suis pleinement investi. »
► Comment envisagez-vous la place de la dissémination" (médiation, transmission, vulgarisation...) de votre travail de recherche ?
F.X. L. : « J’aimerais bien réaliser une bande dessinée. Ayant fait de la caricature pendant plusieurs années, si j’avais le temps et l’inspiration, je pourrais illustrer mes travaux en 10 ou 20 planches caricaturales accompagnées d'un court texte explicatif, sans dépasser une page par caricature. Une autre idée serait de travailler avec un illustrateur ou une illustratrice pour confectionner une véritable bande dessinée. Mon public prioritaire reste quand même les personnes exerçant dans le domaine de la santé humaine et animale qui gagnerait à améliorer leur visibilité sur la simulation procédurale afin d'augmenter leur compréhension de ce qui se fait et décider en bonne connaissance de cause de ce qui devrait être fait.
En direction du grand public, un contenu explicitant comment la formation en santé se questionne et se démène pour toujours mieux le prendre en charge en répondant à ses attentes pourrait contribuer à apaiser certaines tensions et améliorer les rapports entre professionnels de la santé, patientes et patients. Dans ce cas, des conférences, des expositions voire aussi une bande dessinée ou des jeux, pourraient être de bons supports. »

En mars 2026, l'équipe de Pop’Sciences a embarqué 10 doctorantes et doctorants à Belleville-sur-Saône pour partager leur quotidien et témoigner de leur parcours avec des élèves du lycée Aiguerande dans le cadre des « rencontres collégiens-lycéens doctorants ».

À l'occasion de la journée européenne du doctorat, le 13 mai 2026, plusieurs doctorantes et doctorants de l’Université de Lyon ont quitté leur laboratoire de recherche pour discuter directement avec les habitantes et les habitants de Belleville-en-Beaujolais au milieu du marché.

Cette expérience s'avérant enrichissante, Francois-Xavier Lalèyê recommande aux doctorantes et doctorants de suivre la formation à la communication scientifique écrite et orale proposée par le dispositif Pop'Sciences. La prochaine session est déjà programmée les 19 octobre et 5 novembre 2026 (→ inscription jusqu'au 12/10).

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