Publié le 22 juin 2020 Mis à jour le 2 juillet 2020
le 8 juillet 2020

Professeure de géographie à l’UFR Temps et territoire et directrice du Laboratoire d'études rurales, Claire Delfosse co-organise avec Cap rural pour la commissaire à la pauvreté de la région Auvergne-Rhône-Alpes un groupe de travail sur la pauvreté en milieu rural, dans le cadre du Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Nathalie Dompnier, Présidente de notre Université, y participe au nom des président.es d'université de la Région qui ont à gérer cette question.

 
Contexte et objectif
Ce groupe de travail s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Pauvreté et précarité prennent des formes spécifiques dans les territoires ruraux d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ces espaces de faible densité démographique (mais aussi des espaces péri-urbains en marge) comportent des particularismes : faiblesse ou disparition de services publics, peu de solutions de mobilités et éloignement des zones d’emplois, difficultés d’articulations entre les dispositifs institutionnels et l’action locale… Aussi, une approche spécifique rurale trouve sa pertinence dans la mise en place d’un groupe de travail régional sur la pauvreté en milieu rural dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, en complément des 15 groupes de travail régionaux mis en place par le préfet de région et coordonnés par la commissaire à la lutte contre la pauvreté.
 
La Région a ainsi sollicité l’expertise de l’équipe pluridisciplinaire du Laboratoire d'études rurales (LER), sous tutelle de l’Université Lumière Lyon 2 et de l'Institut supérieur d'agriculture Rhône-Alpes (ISARA), intégré à la Maison des sciences de l’homme Lyon-St Étienne. Se consacrant à l’observation et à l’étude des sociétés rurales contemporaines, les chercheur.es du LER sont particulièrement ouvert.es sur leur environnement régional et à l’écoute des demandes de la société, des collectivités, des institutions. Le LER se veut ainsi à la fois un acteur et un médiateur d’une réflexion sur le rural contemporain qui prenne en compte la durée, l’espace et la complexité sociale et les liens ville-campagne. Son projet de recherche s’articule autour des transitions en cours, mais étudiées aussi sur le temps long. Les recherches du Laboratoire se structurent autour de quatre axes de recherche :
  • Sciences de l’action, environnement et société en perspective diachronique et critique ;
  • Politiques, acteurs et représentations ;
  • Productions et systèmes alimentaires ;
  • Vivre et réinventer le rural.
La co-organisation de groupe de travail s'inscrit plus particulièrement dans l'axe "Vivre et réinventer le rural" du LER. Elle fait suite à la dynamique d'action sur la pauvreté-précarité en espace rural, engagée par le LER avec Cap-Rural, Centre de Ressource régional pour le développement local, depuis deux ans, afin de rendre plus lisible et visible ce sujet, et de concevoir des actions auprès des professionnels du développement rural et des élus. La collaboration avec Cap rural a permis de monter une thèse Cifre (réunissant plusieurs financeurs Sol et Civilisation, le conseil départemental de la Drôme, la fondation RTE et Cap rural) sur les difficultés d’accès à l’alimentation en milieu rural pour les populations en situation de pauvreté-précarité. Elle s’est également traduite par l’organisation de deux journées régionales auprès des acteurs ruraux qui ont donné lieu à une publication collective.
Après une première réunion le 8 juillet, le groupe de travail programmera d'autres séances pour aboutir à une feuille de route début 2021.
Participation de Nathalie Dompnier

Les universités Clermont-Auvergne, Savoie-Mont-Blanc et la nôtre ont prévu de travailler ensemble, dans le cadre de ce groupe de travail, sur les questions touchant aux étudiant.es de catégories populaires en milieu rural ainsi que sur les dispositifs dont ils/elles peuvent bénéficier dans nos établissements.
Pour Nathalie Dompnier, Présidente de notre Université et représentante des établissements de l'ESR de la région dans ce groupe, cette démarche rejoint celle de notre Université d' « améliorer le service public d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation par une meilleure adaptation aux besoins des populations et des territoires, dans leur diversité ». C'est aussi une occasion de « décentrer notre regard par rapport à des problématiques qui concernent souvent davantage les publics défavorisés en milieu urbain et qui amènent potentiellement à négliger d’autres publics ».
Pour les universités, ce groupe de travail permettra de :

  • discuter des modalités de mise en réseaux des acteur/trices pour favoriser la mise en place de dispositifs adaptés pour la formation et la recherche et pour favoriser l’innovation sociale sur les territoires ;
  • identifier les besoins à l’égard des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
     
Missions et actions

Bien que nos actions ne soient pas spécifiquement tournées vers les populations de milieu rural, l'Université met déjà en place de nombreux dispositifs susceptibles de s’adresser notamment aux étudiant.es qui en sont issu.es : aides sociales (en complément des aides des CROUS), aides à l’équipement informatique et à la connexion, extension des horaires et jours d’ouverture des bibliothèques, service de santé universitaire…
L'Université est amenée également à intervenir en milieu rural, dans le cadre de certaines formations, via des stages d'étudiant.es ou encore des recherches  / collaboratives avec des associations et collectivités territoriales pour contribuer à des initiatives en faveur du développement local. Les campus connectés qui se mettent en place actuellement peuvent être une manière de répondre aux difficultés que rencontrent les jeunes de catégories populaires à s’installer en ville pour faire leurs études.

Difficultés
Nous avons déjà pu relever certaines difficultés auxquelles l'Université est confrontée pour mettre en oeuvre des actions :
  • un manque de de moyens humains pour repérer et assurer un suivi individualisé des étudiant.es précaires ;
  • les problèmes de transport et de logement constituent un frein pour les stages en milieu rural (par exemple pour les musicien.nes intervenant.es dans les écoles) ;
  • un manque d’espaces de concertation avec les collectivités locales en milieu rural pour identifier les besoins et initier des projets (comme ceux de campus connectés) ;
  • l'insuffisance des sources de financements pour les recherches participatives impliquant des organisations qui n’ont pas les moyens de co-financer ces recherches.

Informations pratiques

Date(s)

le 8 juillet 2020

Partenaires

Partenaires du GT
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Cap rural
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Réseau rural AURA
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Laboratoire études rurales
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