Publié le 13 décembre 2022 Mis à jour le 5 janvier 2023
le 26 janvier 2023
Hors les campus

9H à 18H

Le séminaire “Genre.s & Ruralité.s”, organisé par le Master GTDL, aura lieu toute la journée du jeudi 26 janvier 2023 sur le campus de l’Université Jean Moulin Lyon 3 de 9h30 à 16h30. Il sera composé de quatre tables rondes animées par les étudiant.es qui donneront la parole à des intervenant.es issu.es du monde de la recherche, du milieu associatif et institutionnel ainsi qu’à des personnes qui, par leur vécus, ont acquis une expérience du sujet traité.

Programme :
9h30 : Pot d’accueil
9h45 : Mot d’introduction 
10h : Table ronde : La place du genre dans le développement des territoires ruraux
11h15 : Pause
11h30 : Table ronde : Mobilisations citoyennes pour questionner les normes de genre : pluralité des modes d’actions et de leurs visées. Discussion avec des acteur.ice.s qui font bouger les lignes.
13h : Pause déjeuner
14h : Table Ronde : Inégalités de genre dans le monde professionnel en milieu rural.
15h15 : Pause
15h30 : Table Ronde : Rencontre à la marge entre les queers et les campagnes : nouveau regard sur les liens entre les identités LGBTI+ et les espaces ruraux.
16H45 : Mot de la fin
17h : Fin du séminaire

10h-11h15 / Table ronde : La place du genre dans le développement des territoires ruraux

Le concept de développement rural se réfère à des actions de développement économique et social dans le but d'améliorer le bien-être des hommes, des femmes et des enfants dans les milieux ruraux. Le développement rural est ancré dans un parcours historique et géographique né de la colonisation, qui suit un développement méthodologique propre à chaque territoire. 
Pratiquer le développement rural ne peut se faire sans prendre en compte les rapports de genre existants tout au long de son processus ni sans comprendre les interactions créées avec les acteurs présents sur ces territoires. Ces rapports de genre s’expriment à la fois dans le rôle conféré aux personnes concernées par les projets de développement, dans les méthodes employées et dans la place du genre dans ces méthodes.
Il nous est ainsi paru nécessaire d’aborder les évolutions des rapports de genre dans le développement des milieux ruraux, ainsi que le statut des personnes opérant dans ces projets qui seront interrogés et mis en perspective au cours de cette table ronde.
 
Intervenant.e.s : 
Marie-Pierre Monier : Sénatrice de la Drôme, Vice-Présidente de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, co-rédactrice du rapport “Femmes et ruralités : en finir avec les zones blanches de l’égalité”.
Claire Delfosse : Professeure de géographie à l’Université Lyon2 et directrice du Laboratoire d’Etudes rurales, un laboratoire pluridisciplinaire. Ses travaux de recherche portent essentiellement sur les liens existants et qui se construisent entre société et espace, l’alimentation ainsi que sur le développement rural. 

11h30-13h / Table ronde : Mobilisations citoyennes pour questionner les normes de genre : pluralité des modes d’actions et de leurs visées. Discussion avec des acteur.ice.s qui font bouger les lignes.

De la BD au web-documentaire, du podcast au film de territoire, de la pride rurale à des événements d’éducation populaire… Associations, collectifs et individus usent d’inventivité pour questionner nos rapports au genre dans les campagnes. Que ce soit pour mettre en valeur des femmes restées jusqu’alors dans l’ombre, pour dénoncer les inégalités de genre entre hommes et femmes, pour donner la parole à des femmes luttant quotidiennement pour affirmer leurs place dans ces espaces ruraux… Le point commun de ces différents modes d’actions est sans doute la place donnée aux témoignages. En effet, leur volonté semble être de sortir les discriminé.e.s des marges afin de faire bouger les lignes. 
Mais dans quelle mesure ces mobilisations citoyennes souhaitent-elles justement faire bouger les lignes ? Il convient d’identifier les différentes visées de ces modes d’action qui souhaitent parfois éduquer, sensibiliser, faire réagir, ou bien faire s’indigner le public ciblé. Elles participent toutes, à leur manière, à “dégenrer” les campagnes, en proposant de décentrer le regard andronormé et hétéronormé, dominant dans les campagnes. 
Comment ces différents médias résonnent-ils auprès des habitants des territoires ruraux?  Comment sont-ils accueillis par des personnes peu concernées par ces thématiques ? Cette table ronde est l’occasion d’entendre les retours d’expériences de ces acteur.ices qui portent de telles initiatives militantes.
 
Les Intervenant.e.s :
Fanny Demarque, éleveuse de brebis dans l’Ain, co-rédactrice de la BD “Il est où le patron? Chroniques de paysannes”.
Monique Espanol, pour le Collectif Odette&Co :  association ardéchoise qui vise à mettre en avant des initiatives portées par des femmes. Elles ont participé à la création d’un webdoc et d’un MOOC sur les femmes en milieu rural dans le cadre d’un programme européen Erasmus+.
Lola Cros:  journaliste indépendante autrice du podcast FINTA  dont huit épisodes mettent en lumière des pionnières aveyronnaises.
Collectif Excusez-moi de vous dégenrer : collectif de Haute Loire qui organise des événements conviviaux, ludiques et réflexifs sur la thématique du genre et des dominations. 

14h-15h15 / Table Ronde : Inégalités de genre dans le monde professionnel en milieu rural

Les espaces ruraux français ont connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale une restructuration profonde du monde du travail avec une forte diminution des actifs agricoles, un renouvellement de l’industrie et une tertiarisation de l’économie (Jean & Périgord, 2017). De ces évolutions résultent le maintien d’une répartition très genrée de l’offre d’emploi des espaces ruraux. En 2021, l’Observatoire des Territoires relève ainsi trois secteurs dominants en termes d’emplois en milieu rural : le tertiaire dont 83 % des emplois sont détenus par des femmes, ainsi que l’agriculture et la construction dont les emplois sont détenus respectivement à 71 % et 83 % par des hommes. Cela s’explique par un recrutement très genré : les hommes seraient prédestinés à des tâches manuelles et pénibles, contrairement aux femmes qui se voient déléguées aux emplois de services et de soins, correspondant à des compétences supposément innées. Cette représentation du monde du travail est défavorable aux femmes, car le nombre d'offres d’emploi dans le domaine du care est inférieur à ceux de l’agriculture et de l’industrie et que les attentes en termes de diplômes sont plus importantes (Reversé, 2022). Face à cette faible diversité de l’offre d’emploi dit « féminin » en milieu rural, des initiatives émergent pour favoriser l’installation agricole ou l’entrepreneuriat féminin dans des secteurs encore à dominante masculine.
 
Les Intervenant.e.s :
Perrine Agnoux : Docteur en sociologie, thèse « Le genre du rapport à l’espace. Ancrages et mobilité dans l’insertion professionnelle des jeunes d’origine populaire en milieu rural » au CESAER (UMR 1041) à l’Université Bourgogne Franche-Compté
Clément Reversé : Attaché temporaire d'enseignement et de recherche en sociologie pour l’Université de Bordeaux et chercheur associé au Centre Émile Durkheim, spécialiste des  questions relatives à la vulnérabilité et à l’invisibilisation de publics jeunes et plus particulièrement au sein des espaces ruraux.
Catherine Boillot pour le Collectif Odette&Co :  association ardéchoise qui vise à mettre en avant des initiatives portées par des femmes sur le territoire

15h30-16h45 / Table Ronde : Rencontre à la marge entre les queers et les campagnes : nouveau regard sur les liens entre les identités LGBTI+ et les espaces ruraux

Les espaces ruraux apparaissent souvent comme des espaces conservateurs, où les violences LGBTI-phobes seraient plus fortes qu’en ville. Pourtant, seules 16% des personnes interrogées en 2019 en zones rurales, dans le cadre de l’observatoire des LGBTIphobies, déclarent avoir subi des violences en raison de leur identité de genre ou leur orientation sexuelle, contre 25% dans le reste de la population. Néanmoins, les personnes queers font tout de même face à un plus grand isolement dans les espaces ruraux, même si des initiatives queers émergent et existent depuis plusieurs décennies, aux marges de nos réflexions (Pride et Dyke march rurales, le mouvement des Radical Faeries dans l’Arizona, actions de care ou de luttes plus confidentielles).
Les espaces ruraux et les personnes queers ont en commun d’être marginalisés dans l’espace social. Nous qualifierons ici de “queer” les personnes dont l'orientation sexuelle ou l'identité de genre diffère de la vision normative des genres et des sexualités et qui revendiquent ce droit à la différence, à la transgression. Les espaces ruraux sont, eux, pensés comme les marges des espaces urbains et définis en opposition aux villes. Cependant, les mondes ruraux sont des espaces multiples et hétérogènes, caractérisés par une forte interconnaissance et des interdépendances entre les individus. Dans cet entre-soi, correspondre aux représentations dominantes des normes de genre et de sexualité est fortement lié à un enjeu de respectabilité sociale.
À partir de ces constats, comment opérer une rencontre entre les identités queer et les espaces ruraux pour imaginer des avenirs queers en dehors des villes ? Comment penser les espaces ruraux comme des espaces d’expressions queers, transgressant les représentations d’urbanité dans ces identités ? Nous tenterons de dépasser les représentations conservatrices des mondes ruraux en considérant leur marginalité comme opportunité créatrice, au même titre que les espaces communautaires queers.
 
Les Intervenant.e.s :
Lise Dumas: Coordinatrice du diagnostic Genre pour la MRJC. Ce diagnostic s'inscrit dans le projet Unique en mon genre, ayant pour objectif de comprendre les questions de genres et de sexualités en milieu rural. 
Le Collectif Excusez-moi de vous dégenrer ! : collectif de Haute Loire qui organise des événements conviviaux, ludiques et réflexifs sur la thématique du genre, des dominations et des sexualités. Le collectif a organisé des soirées et des moments queers sur le territoire, permettant de visibiliser des identités mises à la marge ! 
Clément Reversé : Attaché temporaire d'enseignement et de recherche en sociologie pour l’Université de Bordeaux et chercheur associé au Centre Émile Durkheim. Le chercheur a travaillé sur les questions de genres puis de ruralité.


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15 quai Claude Bernard 69007 LYON