Publié le 28 avril 2020 Mis à jour le 29 avril 2020

Professeur d'économie et chercheur au Groupe d'analyse et de théorie économique (GATE-LSE - UMR5824)

Un nouveau rythme
L'annonce de la fermeture des écoles en date du jeudi 12 mars nous a fait anticiper un confinement et nous sommes parti.es à la campagne le dimanche 15 mars, ma femme, mes enfants (4, 9 et 13 ans) et moi. Lors des premiers jours le choc a été brutal car il fallait assurer l'école à la maison et initier le télétravail en plus de la gestion quotidienne de la maison. Comme ma femme avait beaucoup de travail pour mettre en place les modes de travail distants dans son équipe, j'ai pris la plus grosse part de ces charges, et n'ai quasiment rien fait pendant les 15 premiers jours. Peut-être était-ce aussi l'effet de sidération, mais je n'arrivais pas à trouver plus de quelques minutes par jour pour m'y mettre.
Progressivement, alors que les enfants prenaient leurs marques et que les contraintes professionnelles se relâchaient pour ma femme, j'ai pu commencer à trouver du temps pour finir quelques projets en cours, en développer de nouveaux, relancer d'autres projets à l'arrêt. Bien sûr je n'ai réussi qu'à me libérer des demi-journées ponctuelles, mais le temps semblait ne plus jouer contre moi.
 
Aurélien Eyquem, confiné
Aurélien Eyquem, confiné

Se saisir de l'actualité
Puis est venu, en plus de mes projets actuels et de la gestion quotidienne, la curiosité quant aux effets macroéconomiques de la situation que nous vivons. Bien sûr, j'y avais déjà réfléchi pour moi-même, mais l'idée d'utiliser un cadre d'analyse formel développé pour un autre projet en cours - concernant la dynamique du marché du travail - est venue pour essayer de mieux saisir l'ampleur de ce que nous vivons un peu partout dans le monde mais surtout en Europe.
L'idée était aussi de comprendre les effets que l'on peut attendre des politiques économiques mises en place par les gouvernements, notamment sur le marché du travail. Ainsi est venue l'idée des travaux "The Macroeconomic Effects of Lockdown Policies", qui ont également fait l'objet d'une publication simplifiée et vulgarisée sur le blog de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), où je suis chercheur associé.
La playliste de confinement
Ces dernières semaines, lorsque je travaillais, j'ai beaucoup ré-écouté deux albums qui ont marqué mon adolescence dans deux styles assez différents : August and Everything After des Counting Crowes et The Miseducation de Lauryn Hill. Mais aussi Tame Impala, Arctic Monkeys, et beaucoup d'anciens tubes anglais (Bowie, Blondie, The Smiths, Pink Floyd, Joy Division, Kate Bush, Blur, The Cure).