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Le Kenya dans la 3e révolution touristique. Au-delà du safari
 

Jean RIEUCAU

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Le tourisme ne constitue plus au début du XXIe siècle une pratique exclusivement occidentale ; de nouvelles populations urbaines des pays du « Sud » en font l’apprentissage. Les pays émergents, depuis le dernier quart du XXe siècle, sont engagés dans une 3e révolution touristique. Leur forte croissance économique entraîne la constitution de classes moyennes urbaines, à l’origine, à l’intérieur de leur pays, d’un tourisme domestique (Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Afrique du Sud, Kenya…) beaucoup plus important en flux que les arrivées de touristes internationaux. Lieux et pratiques des touristes nationaux et internationaux ne se recoupent pas systématiquement.
Le Kenya a reçu 1,2 million de touristes internationaux en 2010. Le secteur touristique contribue à la formation de 12% du PIB, à 18% des exportations, à 11% des emplois formels et à 16% de ceux du secteur informel. A l’intérieur de ce secteur d’activité, le tourisme national des Kényans, à l’intérieur du pays, ne cesse de croître (30% des recettes touristiques en 2010). Ce tourisme intérieur concerne, en priorité les spectacles animaliers (safari), en seconde position les pratiques balnéaires, enfin la visite des sites mémoriels de son groupe d’appartenance mais aussi de ceux des autres groupes ethniques. L’essor de ce tourisme des racines, en pleine expansion, résulte de la métropolisation rapide du pays, de l’enracinement urbain croissant des populations, ce qui entraîne un fort questionnement identitaire au sein de la classe moyenne. Toutes les minorités revendiquent une part du passé national et une reconnaissance nouvelle. Ce tourisme mémoriel intérieur, voulu ou refusé selon les groupes humains, sera-t-il de nature à favoriser la compréhension entre les groupes ethniques, capable de provoquer fierté, unité, construction d’une culture nationale ? Quel sera le rôle du tourisme domestique dans la construction nationale du Kenya ? En particulier, sortira-t-on de l’ethnicité vers davantage d’identité et de cohésion nationale ?

Jean RIEUCAU est professeur de géographie à l’Université Lumière Lyon 2, Université de Lyon, membre de l’UMR 5600 « Environnement, Ville, Société » et directeur du Master 2 Professionnel « Tourismes, Loisirs, Patrimoines ». L’auteur mène des recherches sur les relations ville/tourisme, autour des questions d’environnement, de protection de la nature et des formes alternatives de mise en tourisme des territoires. Il s’intéresse aux interrelations entre le fait touristique et les sociétés locales (Afrique subsaharienne, centrale, orientale, bassin méditerranéen). Il participe à plusieurs programmes de recherche, sur la contribution du tourisme mémoriel et patrimonial, dans la construction des identités nationales, dans les pays d’Afrique de l’Est. Il a notamment codirigé l’ouvrage pluridisciplinaire La Maritimité aujourd’hui (Éditions l’Harmattan, 1996) et l’Empreinte du tourisme (Éditions l’Harmattan, 2006). Il enseigne la géographie du tourisme et la géographie culturelle.

INFOS PRATIQUES

  • Type : Parution ouvrage scientifique, Parution
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