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Etude du Laboratoire Aménagement Economie Transports - LAET "Réflexions sur les enjeux de la gratuité pour le réseau TCL"
 

  • le 12 juillet 2019
Transports

Dévoilée le 12 juillet 2019, cette étude a été réalisée, pour le compte du SYTRAL, par une équipe de chercheur.es du Laboratoire Aménagement Economie Transports – LAET (CNRS/Université Lumière Lyon 2/ENTPE), Bruno Faivre d’Arcier, Aurélie Mercier, Guillaume Monchambert et Pierre-Yves Péguy (enseignant.es-chercheur.es de l’Université Lumière Lyon 2) et Yves Crozet (Sciences Po Lyon).


L’étude a pour objectif de donner quelques éléments d’appréciation sur les conséquences que pourrait avoir la mise en gratuité totale du réseau des Transports en Commun Lyonnais (TCL), thématique qui pourrait surgir à l’occasion des débats liés aux prochaines élections municipales.

Les effets sur la trentaine de réseaux français ayant adopté la gratuité des transports collectifs

L’étude met en avant la différence de nature, et pas simplement d’échelle, entre le réseau de la Métropole de Lyon et ceux ayant mis en place cette mesure, qui concernent principalement des villes de moins de 100 000 habitant.es avec un niveau initial de fréquentation plutôt faible (moins de 30 voyages par habitant.e et par an contre environ 330 sur le réseau TCL). Avec cette mesure (qui a nécessité un accroissement de l’offre), ces villes ont le plus souvent rattrapé leur retard par rapport à la moyenne des villes de même taille.

Des modèles de simulation ont fait apparaître :
  • une hausse de la fréquentation des transports collectifs comprise entre 15 et 30%, selon les hypothèses, ce qui poserait des problèmes de saturation de l’offre existante sur certaines lignes en heures de pointe et nécessiterait de nouveaux investissements relativement couteux.
  • ce gain de fréquentation proviendrait plus de la marche à pied et du vélo (dont les parts modales diminueraient) que d’un transfert en provenance de la voiture.
  • il s’agirait principalement de déplacements courts dans la ville-centre, plutôt que des trajets longs en périphérie, où la gratuité n’a qu’un impact marginal comparativement au niveau d’offre.

Ces éléments soulignent que la gratuité aurait un effet contradictoire avec les objectifs du Plan de Déplacements Urbains (PDU), sans oublier des conséquences financières importantes, de nature à compromettre les ambitions en matière d’investissements, avec en particulier la remise en cause du cercle vertueux de financement.
Les simulations financières montrent en effet que, dans le meilleur des cas (hausse de 15% de la fréquentation), le déficit annuel serait triplé en passant de 160 millions d’euros à près de 490 millions d’euros pour une mise en œuvre en 2019, et à plus de 580 millions d’euros en 2030.

La gratuité totale n’est donc pas une mesure pertinente et efficace dans le cas du réseau TCL

Cependant, pour satisfaire les souhaits d’une plus grande justice sociale en lien avec le droit au transport, l’amélioration de la « tarification solidaire » est un chantier à ouvrir, par exemple au travers d’un « Quotient Familial Métropolitain », une gamme de réduction prenant mieux en compte la diversité des revenus des personnes, et un accès simplifié pour les ayant-droits, trop souvent rebutés par les démarches à accomplir.
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