La Nuit blanche de l'Université propose un cycle de conférences scientifiques en continu, traitant de manière accessible des objets d'étude qui sont en résonance avec la conjoncture.
Un vaste plan de réformes gouvernemental met en cause les principes fondamentaux et la nature même de l'enseignement supérieur et de la recherche. Ce plan réformiste menace plus largement le sort de l'Éducation nationale dans son ensemble, de l'école maternelle jusqu'à l'université.
Plus largement encore, il conduit à un démantèlement des services publics de la République française. Les communautés concernées, loin d'un supposé « immobilisme », sont les premières à se préoccuper sans cesse d'une refonte dynamique de leurs structures. Mais elles s'opposent de façon massive à la révision des politiques publiques par le gouvernement actuel. Elles dénoncent en globalité et en détail un réformisme mal venu, portant atteinte de façon systématique aux structures et, plus profondément, aux valeurs du bien public.
Un front commun sans précédent, un « mouvement », rend ainsi solidaires des tendances très diverses parmi les personnels de l'enseignement, de la recherche, de l'administration, parmi les étudiants. Des initiatives comme l'Appel de la Sorbonne, un grand nombre d'organisations y contribuent (syndicats, Sauvons L'Université, Sauvons La Recherche, sociétés savantes, collectifs et comités non apparentés...). La mobilisation universitaire, déclenchée à l'échelle nationale le 2 février 2009, est d'une rare ampleur, et s'avère durable. Elle converge désormais avec les luttes de plusieurs autres secteurs menacés au sein de l'Éducation, de la Fonction publique (notamment culture, santé, justice...), ainsi que du secteur privé. Dans un contexte général de crise de société, le mouvement qui s'amplifie, d'ores et déjà historique, n'est pas seulement de protestation : il est de réflexion constructive. C'est en faveur de ce mouvement que nous parions.
Selon le mot d'ordre initial : « Le 2 février, l'université et la recherche s'arrêtent », l'interruption de services publics par usage du droit de grève a été malheureusement rendue nécessaire, faute de concertation préalable puis de négociations véritables avec les ministères concernés. Le principe adopté est celui d'une grève présentielle et active. Au contraire d'un délaissement de la vie universitaire, celle-ci implique de poursuivre des missions de formation et de recherche sous des formes alternatives, dans les murs et hors les murs de l'Université ; elle comporte également un souci d'information citoyenne, explicitant les diverses réformes articulées entre elles, montrant leurs conséquences au long terme. Aussi l'interruption est-elle une continuation critique. Une prolifération d'actions soutient la persévérance d'un mouvement caractérisé par sa détermination, son originalité, sa vitalité.
De nombreuses personnes de l'Université Lumière Lyon 2, réunies en collectif, souhaitent manifester ce mouvement à l'intérieur de l'institution, avec l'accord de son Président. « La Nuit blanche de l'Université » voudrait marquer un temps fort de la mobilisation, en symbolisant l'endurance et la ténacité d'une résistance indispensable, face à l'obscurantisme des réformes en cours, des logiques qui les sous-tendent, du mépris et de la méconnaissance affichés aux plus hauts rangs de l'État. Des fonctionnaires de l'État entendent ainsi faire part de leur volonté à soutenir des actes de veille, de vigilance, de discernement, et à poursuivre leur travail malgré des conditions de plus en plus précaires. Les activités qui risqueraient de ne plus voir le jour si les réformes s'appliquaient, si leur fondement idéologique s'instaurait, en viennent pour l'heure à chercher un recours dans la nuit.
La Nuit blanche, accueillie par l'Université Lumière Lyon 2, fait appel aux personnes mobilisées, à titre individuel et selon leur établissement ou organisme de rattachement à l'échelle de la région. Cette manifestation inter-sites se veut également interdisciplinaire, afin de multiplier et de recouper les compétences. La conjoncture réclamant à la fois des modes d'action et un surcroît de réflexion, il s'agit de bénéficier des outils d'analyse de la communauté scientifique. Cette manifestation souhaite encore s'ouvrir sur la Cité, concernée de fait par le sort des services publics. Comme circonstance symbolique et pratique, la nuit demeure disponible dans les emplois du temps ; elle est propice au décloisonnement des institutions, à l'expression d'une transversalité disciplinaire, ainsi que d'une égalité citoyenne ; elle est de nature à favoriser une humanité des relations, de manière civique.
La Nuit blanche de l'Université propose un cycle de conférences scientifiques en continu, traitant de manière accessible des objets d'étude qui sont en résonance avec la conjoncture. Elle permet également une mise en valeur des formes originales de mobilisation exercées dans l'espace public, notamment à l'initiative des étudiants, et laisse une large part au débat suscité. Si une tradition universitaire peut suggérer une ligne générale d'intervention, cette tradition est celle de « l'université critique », collégiale, indépendante et démocratique, qui contraste fortement avec les desseins d'une université « entrepreneuriale » ou « managériale ». Par cet événement fédérateur, nous espérons contribuer au véritable sens de « l'autonomie » des universités et de la recherche.
Le collectif navire Night
Programme
(.pdf) [PDF - 1 Mo]Contactshugues.dechanay@univ-lyon2.fr ; marion.fontana@univ-lyon2.fr
agnes.fontvieille@univ-lyon2.fr ;
valerian.guillier@gmail.com
herve.micolet@univ-lyon2.fr