Colloque international organisé par le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (Université de Lyon, ENS LSH, Lyon 2) et le Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Université Paris 1)
Comité d’organisation
Clémence Cardon-Quint, ENS Lyon-LARHRA.
Renaud d’Enfert, ENS Lyon-LARHRA.
Laurent Frajerman, université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), CHS.
Emmanuelle Picard, ENS Lyon-LARHRA.
Marianne Thivend, université Lumière (Lyon 2), LARHRA.
Comité scientifique
Florent Champy, sociologie, EHESS, CESPRA.
Jean-Michel Chapoulie, sociologie, université Panthéon-Sorbonne (Paris 1).
Hélène Gispert, histoire des sciences, université Paris-Sud (Paris 11), GHDSO.
Jean-Noël Luc, histoire, université Paris-Sorbonne (Paris 4), Centre d’histoire du XIXe siècle.
Antoine Prost , histoire, université Panthéon-Sorbonne (Paris 1).
Bernard Pudal, science politique, université Paris-Ouest (Paris 10), CSU.
André Robert, sciences de l’éducation, université Lumière (Lyon 2), EDUCPOL.
Rebecca Rogers, sciences de l’éducation, université Paris-Descartes (Paris 5), CERLIS.
La Belle Époque fut, pour le monde enseignant français, une période d’effervescence : des associations d’enseignants de périmètres, d’objets, et de statuts divers virent le jour en l’espace de quelques années, profitant notamment du cadre institué par la loi de 1901. Dans cette nébuleuse, les associations de spécialistes formèrent bientôt une catégorie à part entière : regroupant les professeurs « spécialistes » d’une discipline, membres, dans la plupart des cas, de l’enseignement secondaire public, elles se plaçaient à la croisée des terrains corporatiste – défense des intérêts particuliers d’une catégorie d’enseignant – et pédagogique – défense et promotion d’une discipline.
Ces associations de spécialistes, acteurs essentiels du système éducatif, méritent d’être mieux connues. Certes, elles ont parfois retenu l’attention des historiens des disciplines, soucieux de comprendre leur rôle dans l’évolution des programmes et des pratiques d’enseignement. Mais il reste encore à saisir les modes d’inscription complexes de ces associations dans l’espace du militantisme enseignant. Or, dans ce domaine, l’attention des chercheurs s’est longtemps concentrée sur le syndicalisme, négligeant les autres formes d’engagement. De plus, l’histoire et la sociologie du corps enseignant ont le plus souvent ignoré les clivages disciplinaires. Seuls quelques travaux permettent donc d’ancrer l’étude de cette forme de militantisme sur une connaissance précise de la morphologie des groupes étudiés. Enfin, le caractère international de ce phénomène a très rarement été pris en compte, lors même que des associations similaires existent dans bon nombre de pays.
Ce colloque a donc pour but de proposer une saisie globale de cet objet de recherche que constituent les associations de spécialistes, afin d’éclairer non pas seulement le devenir de telle ou telle discipline mais les mutations du système éducatif, du corps enseignant et de ses diverses formes de militantisme. En effet, au cours du XX° siècle, la démocratisation du système scolaire s’est accompagnée d’une transformation du rôle des professeurs de l’enseignement secondaire, et d’un bouleversement des hiérarchies disciplinaires. En outre, depuis la fin des années 1980, s’est opérée une véritable redéfinition du métier enseignant. Il s’agit, en définitive, de comprendre le rôle joué par les associations de spécialistes – en partenariat ou en concurrence avec les autres associations et syndicats – dans ces différentes évolutions.